Nubische Grammatik, Einleitung^ p. ii sqq
3. D'après les gens da Dongola, le pays des Barbarins (des Nobawia da Kordofan, dont le nom est devenu synonyme d'esclave, ils n'aiment pas à faire mention) est habité par les fractions suivantes :
M ATTOKKi (traduit ordinairement par « Orientale «, que je traduirai ici par « homme de gauche » en regardant la Mecque. Comp. in « celui-ci », in iion « à droite *, avec man « celui-là », d'où matton « de gauche »). au Wadi Kenus: Arabbl Egad (non Barbarins), au Wadi el-Arab; Fbiadika, au Wadi Nuba; Sukkodâsir, au Dar Sukkod; Mahasi, au Dar el-Mahas ; DuNGULAwi, depuis la troisième cataracte jusqu'aux environs du Gebel Barkal.
Dans la liste de M. Reinisch (voir die Nuba-Sprache, t. II, p. 38), le nom de Fadija ou Fiadija, ou, comme il écrite l'allemande, Fadidscha, appartient aux gens du Sukkod. En réalité, le nom de Fadiicka ou Feiadilca est un sobriquet, qui s'applique aux habitants de la vallée depuis Derr jusqu'à Soleb. Je n'ai pour le moment à en donner aucune interprétation qui ne soit hypothétique. Mais il ne faut considérer Tétymologie par à peu près de « moribonds », qu'ont rapportée M. Reinisch {die Nuba-Sprache^ t I, p. 133) et R. Lepsius (Nubische Grammatik, p. 246), que comme un trait des Mahasis contre Tavarice de leurs voisins du Sukkod.
Enfin, les Mattokkia appellent Saidokki (rhommed*en haut, ar. JUm^) le Barbarin du Wadi Nuba.
Un premier dialecte occupe les deux extrémités du pays barbarin, la région de Dongola au sud, et au nord le Kenus, d'Assuan à Wadi-s-Sboue (près Korosko) ; au milieu, séparés du Kenus par une bande étroite de Bédouins kushites, les Feiadika et les Mahasi parlent deux variétés d'un second dialecte.
Quant aux dialectes dont se servent les Nobawia du Kordofan, sous le nom indigène de Kuliniri(i\ faut en distinguer deux, peut-être trois), ils forment un groupe à part. F. MûLLER les comprend, comme une langue proprement dite, à côté du Nubah (des Barbarins), dans sa grande famille Nubah-Fulah {Grundriss der Sprachwissenschqfï) , où il fait entreries langues de la lisière méridionale du Sahara, depuis le Nil jusqu'à l'Océan Atlanlique. Langues sœurs ou dialectes du barbarin, Tétude en est malheureusement peu avancée, par suite des obstacles diflSciles à franchir qu'oppose aux investigations la grossièreté de ceux qui les parlent.
Les Denagla (gens de Dongola) se considèrent comme la souche des autres Barbarins. L'opinion admise est qu'ils sont des descendants de ces Nobates ou Nubiens qui, au temps de Strabon, disputaient la rive gauche du Nil aux tribus kushites des Blemmyes et des Megabares, qui fondèrent ensuite un Empire chrétien \ détruit par les Musulmans, après six ou sept siècles de durée, et dont le nom était encore naguère étendu à tous les peuples du Soudan égyptien. Les données de l'histoire, les renseignements géographiques, l'appellation de Wadi Nuba appliquée à une partie du pays barbarin, tout concourt à mettre le fait hors de doute. Un peu avant le
1. Quatremère, Mémoires géographiques et historiques sur V Egypte, 1. 1,
commencement de notre ère * , ils disaient face au Nil de Berber à Dongola, tenant les routes commerciales qui conduisent au Kordofan^ et s'étendant jusque dans les Oasis parallèlement à l'Egypte, dans les positions qu'occupent aujourd'hui les Kababish.
Les Nobates se rattachaient donc à la famille noire et nous entendons aujourd'hui leur langue telle qu'ils la parlaient. On sait, en effets que Dioclétien, pour endiguer les incursions des Blemmyes, transplanta au voisinage de l'Egypte, dans le Kenus, une fraction des Nobates des Oasis : or, les Kensia ' et les Denagla, séparés depuis seize ou dix-sept siècles, sa comprennent sans difficulté.
Ce ne fut là d'ailleurs qu'un des épisodes sans cesse reproduits de la résistance des Soudaniens à la poussée des Kushites. La possession du Kenus, accordée par Dioclétien^ ne fut pas si paisible, puisque le Dongolawi Silko dut revenir battre les Blemmyes dans Kalabsheh ; partout, à cette époque*, les deux races en présence, campées de chaque côté du fleuve, se reprenaient successivement les îlots de verdure créés par les eaux dans cette vallée aride. Depuis, les Nobates ont, à l'exception du petit territoire qu'ils occupent sur le Nil, cédé le passage aux envahisseurs qui s'étendent maintenant à l'ouest du fleuve. Déjà, dans les contacts d'une lutte prolongée, ils avaient dû subir le mélange du sang étranger.
Intéressant chapitre de l'histoire des migrations des peuples ! Il a fallu des milliers d'années aux fils de Kush, pressés par les Sémites, pour traverser le Nil et en repousser les populations noires.
Sous la VI^ dynastie, toute la partie du Soudan confinant à l'Egypte était complètement nègre et l'inscription d'Una nous montre les Wawa masquant les Kushites qui déjà