Manéthon dans Josèphe, Contra Appion., liv. I
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Dans Hérodote, c'est Sésostris le Grand qui échappe aux embûches de son frère. D'après Manéthon, Séthos-Ramsès, à son retour des pays du Nord, étouffe une conspiration fomentée par son frère Armais et l'exile ; Armais,, c'est H'orme-hib ; les noms de Séthos et d'Armals amènent immédiatement une assimilation avec Set révéré surtout au Nord, et H'armachi, grand dieu au Midi. Manéthon donne un renseignement de plus; selon lui, Séthos, c'est ^Egyptos, Armais est Danaos. Les Grecs de la Basse-Egypte auxquels était contée la légende reconnurent en eux ces frères qui se faisaient la guerre dans le sein maternel ; iEgyptos et Danaos devinrent les prototypes dePrsetos et d'Acrisios. Danaos lui-même avait régné à Argos et était chef de lignée grecque, et comme héros solaire, s'il faut en croire les mythologues, il avait passé par le Midi. Les Grecs prirent donc pour leur compte le mythe égyptien.
Des deux noms cités par Manéthon, nous connaissons la signification du premier, ^Egyptos ; c'est une désignation du sanctuaire de Memphis, la métropole du Nord. L'autre, Danaos, est-il aussi un nom topique ? Je le crois pour ma part, et je vois là une des appellations principales de l'Egypte
« le pays du sycomore '^'^^^(Jfl y », trône d'Horus. L'hiatus
ao du grec appelle en égyptien une aspiration, le m par exemple, et la coloration des voyelles dans Danaos se recompose au moyen du copte itov^e « sycomore ». D'autre part, les gens de Memphis avaient constamment à faire une distinction entre « le sycomore », le quartier delà nécropole, séjour favori d'Hathor, d'un côté, et le sanctuaire de Ptah Ei-Kou-Ptah, de l'autre. Enfin, pour eux encore, le Midi,
c'étaient les nomes voisins 0 fjjh ©t A ^ , avec la métro- Hérodote^ a fait naître Danaos à Chemnis, évidemment 1. HULy II, 91.
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comme ancêtre de Persée ; or, le dieu Chmin porte le titre de Pehreru ou Peh'resu, dans lequel M. Maspero a déjà reconnu l'assonance du nom duhéros^ grec. Peut-êtreles interprètes de l'ancienne histoire retrouvaient- ils un souvenir de Danaos dans un emblème ordinairement placé derrière le
dieu ithyphallique, ffl. le ^^M [![ {hei-nahu f) d'où s'échappent un lotus et deux sycomores. Toutes les déductions, tous les jeux de mots étaient permis alors comme aujourd'hui aux commentateurs de mythes.
Quant à la raison pour laquelle c'est ici Set qui est le vainqueur, contrairement à tous les usages, elle provient de la dévotion que professait pour Set la famille dont les membres ou les partisans occupèrent bien longtemps le trône d'Egypte et en éliminèrent pour toujours le parti d' Armais.
§2. — Le Pharaon Osumanduas
Letronne a consacré au tombeau d'Osumanduas décrit par Diodore (I, 47-49), un long Mémoire* dans lequel il établit :
Que ce monument a été identifié à tort par les membres de la commission d'Egypte', par Champollion*, au temple aujourd'hui appelé Ramesseum, lequel ne porte que les cartouches de Sésostris le Grand ;
Que tout en rappelant le Ramesseum et le Memnonium de Ramsès III, par la disposition générale du plan et par la
1. Maspero, Histoire des peuples de l'Orient, 4« édit., p. 22.