Lettre des derniers jours de décembre
NOTICE XVlj
» repeindre et qui a cinq hommes : j'ai un appartement de » deux mètres sur deux et demi. C'est le plus petit numéro » du Nil. Nous Tavons baptisé Taïa, etc'est M. Mariette qui )> a écrit le nom de sa main; ses dimensions ont fait toute » la joie de la famille Mariette cet hiver. Si je n'avais pas » eu M. Mariette et si je n'avais pas su l'arabe, je n'aurais » pas vu trois antiquités, ou bien il m'aurait fallu un drogman, » ce qui est au-dessus de mes moyens, et il m'aurait fallu » laisser de côté bien des choses... En arrivant au Caire, si » je comprenais difficilement, on me comprenait très bien, » seulement j'avais un parfum de Mogrébin qui me signalait » d'une lieue. On me reconnaît encore à cela, et Dieu sait » cependant si, depuis trois mois, j'ai changé mes locutions ; » c'est surtout à la prononciation. Ils ont ici une pronon- » dation atroce, ils suppriment toutes les lettres. Quant » à la langue, il y a de tout dedans, jusqu'à du copte. 11 se » peut qu'au Caire les gens bien élevés parlent un arabe » assez pur, mais le fellah du Saîd supprime même l'accord » du féminin et du pluriel, ou du moins en est fort embar- » rassé; le nombre des formes du pluriel pour le substantif » est réduit à un minimum élémentaire *. » Le voyage ne s'accomplit pas selon le plan tracé au Caire par Molette. Huit jours après le départ, la Taïa fut rejointe par le bateau à vapeur du musée, à mi-chemin d'el-A marna, et prise àla remorque. Mariette, tenant son homme, ne voulait plus se détacher de lui : « Arrivés à Tell el-Amarna, il m'a dit : » Vous voyez q\iU n'y a rien à faire ici, et nous sommes » immédiatement partis pour Siout. Même répétition ; c'est » ainsi qu'il m'a emmené jusqu'à Edfou où, disait-il, je trou-