CONSONNES
ù. — La prononciation de cette lettre ne me paraît pas avoir été exactement analysée. Elle présente un caractère assez uniforme dans la bouche des Coptes que j'ai entendus. Leur à ne sonne ni comme un v ni comme un w, mais plutôt comme le b de certaines
provinces d'Espagne ; c'est l'arrêt mou correspondant au b français ; pour Tarticuler, les lèvres prennent la môme position que pour former notre explosive, mais sans brusquer le contact. Je le transcris b' afin de rappeler son origine ^
Le A est de nature une consonne assez peu solide. Avec une prononciation rapide et forte, il semble osciller, sous l'influence des lettres qui l'avoisinent ou d'habitudes individuelles, entre les diverses spirantes labiales, sourdes et sonores, dont une oreille attentive peut néanmoins le distinguer. Chez ceux qui articulent mollement, il s'affaiblit jusqu'à n'être qu'un esprit doux. Ex. : eAoA = aol (ÏII), «.qiîiAoït af'em'on (III, 16). A la fin des mots, au contraire, soit qu'il ferme la syllabe ou qu'il soit suivi d'une autre consonne, il devient un 6 ". Ex. :
£ioA hôb (I, 3) ;
g^A^noTidi hanuab (I, 19) ;
lug^iHÀ bihiab {Mik'aïl) ;
è.q;6u)Tcfii afkôdab (III, 16)» ;
cè^neiel^T sabaiobd (III, 1), sabaiod (III, 2).
Ce renforcement est l'effet d'une tendance générale, suivant laquelle les Coptes de Saïd traitent la consonne terminale d^un mot, tendance qui leur est commune avec les peuplades voisines de r Egypte: après avoir fait le contact nécessaire à la production
1. La langue bisbari possède le b'. M. A. Almkvist l'a, il est vrai, identifié au w (anglais) (Die Blshari-Sprache, 1. 1, Upsal, 1881) ; les Hadendoa, dont je tiens mes renseignements sur cette langue, l'articulaient assez nettement pour que je Taie immédiatement noté par un signe spécial, et non par w. De ou et hu dans les mots oui et Aui'Ze, le second, Au, se rapproche plus du b' (l'arrêt de b' e^t plus ferme).
2. Tuki, op. laud, p. 2 : « Littera k aliquando profertur ài^è^, si ante vocalem ponatur. . . Eodem modo pronunciatur, si sit in medio vocalis, ut «^ceÀHC... Profertur autem hr^A. sicut B latinum, si post vocalem, ut itieÀ ungues,... et sic quoque Bû/a, cum est vocalis penultima, ut lueÀT oriens. .. d
3. La coloration de e en o provient du voisinage du à, coloration conservée après la chute de la consonne.
d'une consonne, le français laisse ensuite passer le souffle pour appuyer cette consonne, en sorte que le mot finit par une légère aspiration. Ainsi nous prononçons beCf cap, nabab, lorsqu'ils sont isolés^ comme s'il y avait bek-^, cap-^, nabab-^. De même, nous n'arrêtons pas court l'émission d'une voyelle. L'aspiration est plus sensible à mesure que nous accentuons davantage la prononciation.
Les peuples du Nil, au contraire, restent sur le contacta Il en résulte que les arrêts mous deviennent des arrêts fermes. C'est précisément le cas pour A =z= b\ lequel devient 6. Pour la
1. De là une réelle difficulté à distinguer certaines consonnes finales de leurs mots entendus isolément. Lorsqu'on dresse un vocabulaire chez les Nubiens d'Assouan ou chez les gens de TEtbaye, l'oreille reconnaît si mal les muettes et les nasales terminant un mot, qu'on n'a guère d'autres guides que les mouvements de la bouche de celui qui dicte.
Le scribe qui a transcrit le Vocabulaire français du xiii« aièclCj récemment publié par M. Maspero dans la Reçue des langues romanes, 1888, pp. 481 et suiv., a remarqué, sans doute par contraste avec ses propres habitudes, notre esprit final après une voyelle ou une explosive. 11 l'a fréquemment noté pour les mots français terminés par un son voyelle. Ex. : Tupd^g^ « vrai » {l. L, p. 500) ; (oig, « oui » (p. 499) ; Aè^^^Aioirg^, Ad^^Aoei^ « la pluie » (pp. 503, 511, note 5) ; Ai7«^itj(og^ « les anneaux » (p. 506).
Si cette voyelle est Ve muet, le scribe l'interprète, suivant l'influence de la pénultième, par *., i, c, oy, et dans ce cas, l'adjonction de g^ est presque constante après € et ©y : Aé^g^eiteg^ « l'âne » (p. 502) ; Ad^-aeAeg^ « la toile » (p. 504) ; juL«.A«^-e^e£^ « malade » (p. 504) ; n^^-e^eAej»^ « battez-le » (p. 507) ; Acoig-e^ è^Acoigepeg^ pour ( Acga>-e^ è^Aopcigeg^) « le sud et l'Ourse » (p. 511). etc. ; noT-e^po-s^ ciniOTp « Notre Seigneur » (p. 490) ; «.OTnoTg^ « un, une » (p. 492) ; OTit^ovg^ « onze » (p. 493) ; AiAè^prorpor^ « la verdure » (p. 503), etc. Le scribe semble même parfois hésiter s'il doit transcrire une aspiration ou un e muet ; il enregistre ArrcgiAeAe « le cheval » (p. 502), et au contraire, AenA^^c « la place » (p. 500) ; Teciuc « d'espices » (p. 495).
Après une consonne, le g ne paraît pas, parce que Fauteur du vocabulaire n'emploie que 5^, -o^ (t aussi après une spirante), ^, ù, qui renferment une aspiration. Il va cependant jusqu'à écrire un g^ avec le A : AiJUiOTAg^ « le mul » (le mulet, p. 502).
Ces habitudes physiologiques sont utiles à relever ; elles exercent en effet une influence persistante sur l'ensemble de la phonétique d'une langue.
même raison ^ devient aussi 6 * ; -^ = d', l'explosive d (-x*.ài*:^ d'auîd), etc.*.
A la fin d'une syllabe, le môme renforcement se produit, mais avec moins de régularité.
H, 6i, bel, correspond uniformément à notre b. Du p grec on ne trouve d'autre trace que dans le nom du K kappa de l'alphabet recueilli à Siout, où la tradition européenne est presque aussi connue que celle du Saïd.
T dau, de môme que n, est exclusivement une sonore, notre d. Par préciosité, le curé de Louqsor le prononce quelquefois
comme T^ = d' (i), qui n'est pas égyptien,
n nei = n. Il a une tendance à nasaliser la voyelle qui le précède. Ainsi iôcit, se prononce non pas Aa + ^> ™^is A'a/i+n, le son an étant assez voisin de la voyelle nasalisée que le français écrit par le môme groupe. îi5(^ion (111,7) sonne oikkob, La consonne n disparaît môme presque entièrement dans certains mots :
neqcoit bafsô (Mik'aïl) ; è^qenq afëf (Mik'aïl).
Si la prononciation de n a eu, dans l'antiquité, aussi peu de solidité, ces exemples expliquent la chute du wwv dans nombre de mots hiéroglyphiques, surtout dans ceux où n était la première de deux consonnes finales.
Exemple : 1 S) ek'nense (Héracléopolis) est devenu EKnâa
1. Le français au contraire, étant donnée son habitude, devra tendre à changer la consonne finale en spirante sourde, s'il ne Ta déjà laissée tomber pour terminer le mot sur une voyelle. C'est ainsi qu'il a fait chés (nom.) et chef de cap(ut); net^, de noe(um).
2. Tuki (pp. laud.)^ ayant constaté que ^ a deux prononciations, g dur et rf/, ajoute, p. 3 : « Porro fiât r«juuui«>. {g dur), cum habet punctum hoc modo
ûpin<opioc Gregorius Lryjyoj' '» et sic si sequatur qualiscumque alia littera vocalis, ut ^vnik puritas lj\^ > etc. »
p est Vr dental du centre de la France, le j arabe. R, A, jut, c, sont exactement k, l, m, s (sourd).
^* ^f X, n'appartiennent pas à l'alphabet du dialecte thébain. Mais les livres memphitiques étant les seuls usités, les lecteurs modernes de la Thébaïde ont dû leur donner une prononciation.
Dans leur bouche, ^ {tîda, titta) est régulièrement un T \ explosive qui n'est représentée par aucun autre signe de l'alphabet.
Au contraire, «^ et x. n'apportent aucun élément phonétique nouveau. Ce ne sont que des signes orthographiques. <| fait double emploi tantôt avec q :
^oTOj^/ouds (1, 13) ;
nic^HOTi neifaui (II, 1, 7, 8) ;
lunpo^HTHc bi ehro'fidas (pass.) ;
èrè^qc^oit^q adaffunôhf {Mik'aïl) ;
^c^Tac difisis (Magar) ;
lOJCH^ iô«a/ (III, 13 var.), ^ipl"; ^r/od (III, 13) ;
tantôt avec n b :
^He-e^it«.«JULoiu bVatna^amoni (III, 7) ; c^HCT«.vii*.Y bi^adaunau (III, 9) ; c^He-^iièiCDAi beatnaoli (Mik'aïl) ; èr^e ecoTcn edba osuan (Mikaïl) ; ^*j 6ai(I,2, 15).
A la fin d'une syllabe, ^ = 6 est de règle (V. supra) :
^'^ ebnudi (I, passim) ;
îiT«..^AJtHi enda ebmai (I, 9) ;
Ai^pn^ emebradi (I, 14) ;
èc^peit a^ebran (II, 9) ;
j(ocH^ iôsab (III, 13, 19 ; on dit aussi iôsaj),
1. L'évêque de Naggadeh a suggéré la prononciation ^ V comme plus correcte. V. ir\fra la note sous i^, relative aux intradentales.
En dehors de ce dernier cas, quand ^ doit- il être prononcée ou/? Les renseignements que j'ai recueillis sont assez contradictoires : l'éducation toute de routine des Coptes les rend indifférents aux règles et inhabiles à les formuler. Il semble que b soit préféré dans les mots les plus usités où les Thébains avaient accoutumé de prononcer un n (b) ; et /, devant les sons voyelles o, cd, à.v, T, où, en memphitique, le n devenait ^ par position ; d'une manière générale, dans les mots où la lecture memphitique accentuait l'aspiration du ^. Pour les termes étrangers, la prononciation est, autant que possible, réglée par une tradition : dans icoch^ »)pv = iôsaf et lôsaby les lecteurs ont hésité entre cette tradition et la règle phonétique des consonnes finales.
X,f nommé kei et A'i, est prononcé A, A' (f) ou S ( j!»), c'est-àdire comme r, ^ ou 9.
X, = kesX préféré, pour les mots égyptiens, en souvenir du r thébain :
iux«ju bi'kaki (I, 5), T. (r*.r€), de^ J^r^;
nx<J^n oenkob (III, 7), T. (R<*)n), de ^ j \ XHAu kàmi (III, 13, 14, 19), T. (riuulc), de izn ; 5CH ka (I, 1 ; III, 9, 15), T. (rk).
Dans les mots grecs, il y a hésitation. On peut soupçonner ici, comme pour le ^, que les Coptes ont voulu noter des nuances de prononciation dues à l'intensité de l'aspiration de x variable suivant la place qu'il occupe, x. = ^ apparaît dans les syllabes ouvertes, au voisinage de la syllabe tonique.
^TjçH psiki ou paika (III, 20; Waceb), x.^P*^ kôra (III, 12 var.).
Si 5C doit être articulé avec plus d'énergie, au commencement des mots ou des syllabes accentuées, après une syllabe fermée» l'aspiration est plus sensible. Dans ce cas, x ^ oscillé entre deux fricatives égyptiennes, )6 et g, rendues aujourd'hui respectivement
BiBL. ÉGYPT., T. III. 8
par l'uvo-palatale arabe ^/:', et par Tantéro-palatale J» s, et s'est fixé tantôt sur Tune, tantôt sur Tautre. Aussi nos transcriptions nous fournissent :
n^c bak'resios (III, 4), Xpiox^c; ^(A>p«. k'ura (III, 12), x*^P« î «.p^nAd^oc arkillaos (III, 22), 'k^yii\(xo<i ; pè^X"^ rak'al (III, 18), *ax^X, »?nn; T*.p5eH tfam (1,1), ipx^ ; «^p^HcpcTc arii^aros (III, 4), àpxtepeuc.
Je n'ai pu obtenir de mes maîtres, ni retrouver la règle qui détermine cette répartition. C'est, je le crois, Ja tradition avec ses faiblesses qui guide le lecteur pour chaque mot \
^, ':^, 7, employés par le copte à titre exceptionnel, introduisent dans Talphabet des articulations soigneusement notées, mais qui, dans la lecture courante, tendent à se confondre avec des articulations indigènes.
^ d'après son nom, gamma, est le î- arabe. Mais dans la pra-
1. Tuki (op. laud.), p. 3, 4, formule les règles suivantes, qu*il applique aux mots égyptiens aussi bien qu'aux mots grecs :
« Prseterea littera ^ chi dicitur ci t, , cum conjungitur vocalibus litteris :
€: H : i: t: ut ^(^epc salve ^^L»... Pronunciatur 5(^1 si sit in medio
vocalis, ut ^/ux^i : >JrT5Ç^H... Profertur autem cAa instar r* Arabicas linguse
cum litteris vocalibus : è^, o, (o : ut ii6vaLyoç : AJLonèip(^oc... Similiter si super eamdem litteram reperiatur punotulum» seu accentus : ^'ponoc . . . Eadem quoque pronunciatione, si sequatur vocalem litteram, ut alxf^a^«^(fi9t, e^jULd^Aioa^k. . . Profertur denique ^ chi, si vocabulum derivatur a dialecto Thebanense, ut in Theb. cum r dicitur «^qKO) ; cum *^i dimisit,
posuit £J/ ^ iM(9j : niKAoAJt corona <43 ' ...» — La plupart des exemples
qu'il donne sont des mots grecs. Je crois bien que les régies précises de Tauteur copte lui appartiennent plus qu'à la tradition, et qu'il a parfois subi l'influence de son éducation latine. Voir notamment ir^fra^ p. 115, note 1, la régie du r.
tique, il est plus souvent prononcé comme la palatale égyptienne « g (v. p. 117), et parfois comme g.
f«.p g'ar (III, 2, 5, 6, 13, 20) ; «.r^-»oc agàtoa (Mik'aïl) ; ^fR<€AJLU)n egamon (III, 6 var.) ;
AJtonof<enHc mônôganîs (I, 18) ; *.rveAoc aggalos, angalos (paas,) ; 'Ivé.AiAc*. digàlila*'a (paas.) ; AJt«.f«oc magos et maios (III, 1, 7, 16 ; 16) ; gTroTjutenoc hegumdnos (III, 6) ; £^m<eAia>tf egamon (III, 6) ;
jutonoreifHc monogenas (Oaiout).
On voit que la règle fournie par les grammairiens indigènes ^,
de n =i' (^) devant *^, o, oj, et ^ z=,^{g) devant e, h, i, t, si elle a été exacte, n'est plus appliquée. De même qu'à la sourde 5C > l^s Coptes des premiers temps donnaient-ils déjà au f<, suivant sa position, deux valeurs plus ou moins voisines de l'articulation grecque? Probablement. Mais ces valeurs ont divergé
et sont identifiées actuellement, la première au ç- arabe, la seconde à « ou ^ du Saïd, et ce dernier empiète sur l'étranger f-^.
"^^ (d*ald'a, dald'a) est aujourd'hui Tintradentale faible de l'arabe S d\ Les Saldiens articulent avec soin le nom d'ald'a de
1. Tukl, ^. 2., p. 3 : « Littera vero f< fit c<«juuul«^ cum vocalibus «k, o, (o. . . Pronunciatur tamen gemma cum quatuor vocalibus, qusa sunt e : h : I : T. . . » Tuki transcrit u gamma et non g'amma.
2. Le & , en effet, n'a point droit de cité dans toute l'Egypte, malgré sa fréquence en arabe. A mesure qu'on remonte vers le Sud, il est plus rarement entendu. De même que l'explosive sourde correspondante, qof ^j, avec laquelle 11 s'échange même dans l'orthographe usuelle, il est remplacé
par un g distinct du Kz^g,
Il6 LA PRONONCIATION MODERNE DU COPTE
cette lettre étrangère au copte. Ils affectent même parfois de substituer le son d! à celui de t = d, donnant par là à leur lecture une apparence d'érudition ^ En fait, c'est au contraire "^^ qui tend à se confondre avec t :
"^^oXoc ddlo% {Mik'aïl) ; lop'Xd.nHc lordanîs (Mik'aïl) ; n^«^it':^(opoit enhûndôron (III, 11) ; ':^€ da (I, 17 ; lll, pass.), etc.,
à côté de
îiTe'i'io'rakek end'ad'iiôd'a^a (III, 1) ; ':^€ d a (III, 5, 19), etc.
Si le "^^ grec n'était pas exactement le h, nous pouvons affirmer cependant qu'il différait peu de l'articulation arabe ; cela nous est confirmé ici par le fait que les Égyptiens en ont conservé une notation, malgré leur peu de goût pour les intradentales : Tarabe, en effet, en possédait trois ; en adoptant cette langue, ils les ont toutes rejetées.
*1» f en arabe d'Egypte est devenu Cjï ou ^ s ;
S d', — — — ^ d ou 3 ^ ;
]â d' — — — d ou i.
^, d'après son nom alphabétique, est z ou dz. Les transcriptions l'assimilent uniformément au a ( j ) comme ':^ = d' à notre d.
^ et >ir = kSf ba.
Des sept lettres égyptiennes jg, q, j6, ^, «, ^, '^, deux font aujourd'hui double emploi, cg sài et <^ sima. L'une et l'autre
sont rendues invariablement par la chuintante ^J^ s : *^q<^i a/sî (III, 14) ; iîcc<^iM nasii^i (III, 16); (^pojuiiu srombi (Mik'aïl), etc. Toutefois Bouqdour d'El-Harabah a conservé au signe ^,
). Voir notamment la transcription n* 3 et les alphabets.
dans son alphabet, une prononciation spéciale, celle de la spirante sourde formée comme notre k, c'est-à-dire du ch de la finale allemande ich.
q^hi est notre/.
^ kai, qui n'appartient qu'au dialecte du Nord, est aujourd'hui rendu, dans le Saïd, par le ^ arabe.
£ hori es t le * A arabe articulé avec une énergie très variable. Parfois il semble n'avoir d'autre valeur que notre h muette.
£a>u(IIÏ,8);
èàoA^rrorq ab'ol'idodf(\, 3) ; iiR«.^i ehkaé (III, 6, 20, 21) ; OTO£ uô (II, 10), OMO (III, 4), etc.
D'autre part, il est fortement articulé, par exemple, dans n'&U)p^ engorhh (III, 15), sans jamais s'assimiler au rh' arabe.
Comme cette aspirée cependant, il appelle un son a ou o ouvert qui lui sert d'appui et subsiste quand lui-même n'est pas entendu :
èT«k.q^oif^q adaffanohf(Mik'aïl) ; lu^og^ héVoah (II, 5) ; xiiuè^oo*!* embioau^o (Mîk'aîl),
V ffanffa = g est un semi-contact formé dans la même région que le g dur français ; la prononciation du groupe gui devant a, 0, u en donne une idée assez exacte. Cette articulation se retrouve dans presque toutes les langues des peuplades avoisinant l'Egypte ;
elle s'est imposée pour la prononciation du r arabe, dans le parler des Fellahs, qui n'emploient jamais comme les Syriens ou les gens de la Barbarie, y ou dj\, et réservent de préférence le^
dur pour rendre le J, voire le i- .
Quant au i" = di, dei, ce n'est actuellement qu'un signe orthographique, comme <^, j des Grecs, remplaçant t + 1 .
1. Je dois signaler la prooonciatioD ^ = y français dans deux exemples : Offfôammoa (1, 15), icxe isja (Mik'ail),
Reste à mentionner une dernière consonne qui n'est représentée dans les alphabets coptes par aucune lettre, savoir, le hamza {*) de Tarabe. Dans la prononciation, presque tous les dialectes arabes modernes laissent tomber le hamza, et l'écriture courante néglige de le noter. Les paysans égyptiens l'emploient capricieusement ; mais, par contre, les citadins et ceux qui ont étudié le substituent régulièrement à Tuvo-palatale classique qof(^). Tandis que la prononciation cairote de JLj flotte, suivant les individus, de iéa^'al à iesàl^ elle fait entendre fortement et régulièrement le hamza
dans jmII el'*amar « la lune », JjZJI es-sU* « le marché », ^j\ji^ ça'^arah a Saqqarah », ce dernier avec le hamza redoublé. Les tribus de TEtbaye possèdent aussi le ham^a et l'emploient très régulièrement. Les lecteurs coptes modernes l'articulent avec non moins de précision. C'est un coup de glotte bien connu des chanteurs : donné avant une voyelle, il permet de l'attaquer nettement et l'isole de celle qui précède ; donné après, il arrête brusquement rémission du son. Il est rappelé dans l'écriture au moyen de l'accent placé au-dessus de la voyelle qu'il aflfecte ^ :
^ne^ù>oy abqf^ôo (1, 14) ; eqcl a/^a*i (III, 6) ;
1. C*est un emploi de plus pour Taccent mempbitique. Cf. Peyron, Gr.copt.,p. 7 ; Stem, 1. 1., p. 18 ; Révillout, MéL (Varch. ég, et ass., t. m, p. 18, note. Il est évident d'ailleurs que l'e oiplol du hamza est actuellement des plus capricieux. Cette articulation a dû appartenir à une liste déterminée de mots, qui n*est pas restée dans la mémoire des lecteurs modernes. En fait, on peut dire que raccent ^ annonce principalement, avant ou après la lettre qu'il affecte, un mouoement de la glotte, esprit doux, voyelle neutre ou hamza, le plus souvent, avec un silence. Par exemple, dans la finale ot^, il fixe, je le crois, la lecture u4 diphtongue (non a*/), par opposition avec la lecture otciy ici ; de même, il détermine indirectement le caractère vocalique de i, en l'isolant de la voyelle voisine, lorsque i ne doit pas être prononcé y, ou encore il semble marquer une crase à éviter, un hiatus entre deux voyelles de même nature ou peu dissemblables. Mais la tendance de quelques lecteurs est de mettre le hamza dans tous les cas. Une seule conclusion doit donc être tirée des transcriptions ici présentées, c'est l'existence du hamza en copte.
^«^Teq\ ëadaj^i (IIÏ, 9) ; jÙLiukAcTf embi^alô (III, 13) ; kiCDCH^ àHôBob, etc.
Enfin, pour en terminer avec les consonnes» je signalerai une dernière particularité commune à la prononciation copte moderne et à la phonétique arabe : lorsque deux consonnes se suivent au commencement d'un mot, sans voyelle interposée, les lecteurs saïdiens font précéder la première de la voyelJe neutre e, qui correspond à TaZe/'prothétique des Arabes :
nmpo^HTKc bi ehrofidds (passim) ; oT^AJioT ouehmot (I, 16) ; è^pA^n a^ebran (II, 9) ; èiiKAk^i a*'ebkaé (III, 20). etc.
Les arabisants d*Égypte appliquent rigoureusement, en parlant, la règle arabe qui, dans les autres contrées, n'est plus qu'un usage orthographique. Aussi je crois que les Coptes contemporains n'obéissent pas ici à une influence arabe, mais bien plutôt que les habitudes phonétiques des anciens Égyptiens se sont rencontrées avec celles des Arabes. J'ai rattaché ailleurs ^ cette règle à une habitude physiologique, l'attaque vive des mots, qui entraîne comme conséquence le déplacement de leur centre de gravité vers les premières syllabes.