‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 112 sur 218 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ARMAND, seul.

Oui, cette cause est sûre, et le droit est constant.

Voilà mon plaidoyer fini; j'en suis content.

H me tarde de voir quel effet il va faire !

Je ne plaidai jamais plus importante affaire ,

D'un intérêt plus grand et plus universel.

Sept heures!... c'est bientôt le moment solennel.

O lois, dont en ce jour j'invoque la prudence ,

De la société seconde providence ,

Vous faire triompher est mi emploi flatteur,

5oo L'AVOCAT,

Un privilège auguste , et j'en sens tout Thonneur!

(Il se lève.) Pourquoi faut-il souvent que cet honneur insigne Coûte tant à celui qui veut s'en rendre digne! Avant d'avoir appris contre qui je plaidais, Du choix qu'on fît de moi je me félicitais... Mais , juste ciel ! plaider contre celle que j'aime , La perdre !... à mon devoir c'est m'immoler moi-même! Que faire? élait-il temps encor de refuser? A d'indignes soupçons pouvais-je m'exposer? Et, sans manquer aux lois que mon état m'impose, Si près du jugement, abandonner la cause? Abandonner Duclos! moi, son ancien ami!

Moi qu'il ne sut jamais obliger à demi ! Bloi qui me dois à tous , et qui ne puis sans crime Refuser mon secours au faible qu'on opprime, Ni voir une injustice et la voir de sang-froid ! Moi, protecteur public de quiconque a bon droit ! Malheur à l'Avocat de qui Tame vulgaire Ne sent pas tout le prix d'un si beau ministère' Qu'en ce jour mon devoir soit ou non rigoureux. Est-il quelque vertu qui rende malheureux ? Non; quoi qu'à ma raison ma passion oppose. N'écoutons que l'honneur , soyons tout à ma cause.

( Il retourne à son bureau.)

Chère Cécile! au moins, si tu pouvais savoir

Ce qu'il va m'en coûter pour remplir mon devoir!...

Tu ne le sauras |)as... tu ne liras pas même

Ces vers, . . eh! oui, ces vers... (car à mon trouble extrême

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