‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 113 sur 218 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ARMAND, DUCLOS

Déjà, monsieur Duclos !

DUCLOS

Est-il donc si matin?

ARMAND

Assez.

DUCLOS

Que les moments'sont longs, quand on les compte ! Je meurs d'impatience et de peur.

ARMAND

Vous? quel conte!

DUCLOS

D'honneur , je n'en dors point ; et le jour et la nuit. Ce diable de procès m'agite et me poursuit. Je vais,je sors, je rentre...

ARMAND

Asseyez-vous , de grâce ; Du calme.

5o2 L'AVOCAT,

DUCLOS

Sericz-vous si tranquille à ma place?

Ce n'est pas votre affaire, on le voit bien.

ARMAND

Eh quoi!

Quand je dois la plaider , n'est-elle pas à moi ?

DUCLOS , s'asseyant.

Pardon; je vous connais, et, quoique jeune encore,

Comme toute la France, Armand, je vous honore.

Si Rouen m'eût offert un meilleur avocat.

Plus éclairé que vous , plus franc , plus délicat ,

Morbleu! jusqu'il Paris serais-jeallé vous prendre,

Pour venir tout exprès à Rouen me défendre?

Ici vingt avocats honorent leur métier;

Mais ce n'est qu'à vous seul que j'ai pu me fier;

Et si de mon procès j'avais chargé quelque autre ,

Je serais déjà mort.

ARMAND

Quelle crainte est la vôtre ?

N'avons-nous pas pour nous le bon droit, l'équité?

DUCLOS

Le bon droit ! Ah! vraiment! la belle sûreté ! Fiez-vous-y, ma foi, dans le siècle où nous sommes!

ARMAND

Les juges, croyez-m'en...

DUCLOS

Les juges sont des hommes.

Et c'est contre une femme, hélas! que nous plaidons.

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