‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 144 sur 218 · COURVILLE, CÉCILE · texte numérisé non relu

COURVILLE, CÉCILE

COCJRVILLE.

Je ne vous conçois pas vraiment, mademoiselle; Quand j'ai montré pour vous tant d'ardeur et de zèle, A l'audience au moins j'ai cru qu'on vous verrait; Et là , tranquillement, vous attendez l'arrêt !

CÉCILE

Tranquillement! oh '.non.

COURVILLE

Venez donc, et j'espère...

Que ferait ma présence au gain de mon affaire ?

COURVILLE

Ah! ce qu'elle y ferait? heaucoup. Que de procès A de moindres moyens ont dû tout leur succès ! S'il faut de cet Armand redouter l'éloquence, Vos charmes pourraient mettre un grain dans la balance.

CÉCILE

Si nous étions réduits à ce faible secours , Que j'aurais lieu de craindre!

COUR VILLE

Oh! vous voilà toujours!

Modeste!... c'est charmant; mais, en personnes sages, Il nous faut profiter de tous nos avantages. Vous en avez un grand, car on dit que vos yeux Ont blessé l'avocat...

(Cécile fait un signe de mécontentement. Courville continue.)

Tant mieux!... je dis tant mieux!...

CÉCILE

Mon oncle seul suffît pour défendre ma cause, Monsieur; sur la justice et lui je me repose.

COURVILLE

La justice... fort bien... mais croyez mes avis.

CÉCILE

Donnez-m'en qui par moi puissent être suivis.

COURVILLE

Quelle froideur, ô ciel! et quelle indifférence! Songez donc qu'il s'agit d'une fortune immense; De cent mille écus net et d'hypothèque exempts; Et que cent mille écus... font trois cent mille francs.

CÉCILE

C'est très juste.

COURVILLE

Et, ma foi ! la somme vaut la peine Que pour la posséder tant soit peu l on se gêne.

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