SCENE IX
FLORVAL.
Et que le lendemain J'allai me retirer au fond de la Provence ? Hélas ! un mois après on m'apprit que Constance Avait un autre époux.
VALSAIN.
Vous le connaissez?
FLORVAL.
Non.
VALSAIN.
Quoi!«
FLORVAL.
Je sais seulement que Valsain est son nom : Quel homme est-ce? un brutal, un sot sexagénaire, Un jaloux, riche, vain, goutteux, atrabilaire?
VALSAIN.
Non pas.
FLORVAL.
Oh ! c'est donc un de ces hommes (ki jour , Amis par intérêt et galants sans amour , Un de ces merveilleux , gens à bonne fortune, Adorant vingt beautés sans en aimer aucune, Payant leurs créanciers en paroles d'honneur?
VALSAIN.
Oh ! non.
Un parvenu , jouant le grand seigneur?
VALSAIN.
Encor moins : mais je puis vous le faire connaître ; II est de mes amis.
FLORVAL.
Ah! pardon! j'ai peut-être Blessé sans le savoir... Mais un cœur ulcéré Peut ne pas ménager un rival préféré ; L'amour excuse tout... Que je brûle d'apprendre Si , même sans combats, Constance a pu se rendre 1 Mais comment lui parler ?
VALSAIN.
Eh ! pas tant de soucis !
Vous pourrez la revoir sans sortir du logis.
FLORVAL.
Et comment se peut-il? Serais-je donc?...
VALSAIN.
Chez elle,
FLORVAL.
Qu'entends-je ? ce château n'est pas à vous, Mirbelle?
VALSAIN.
Pardon , mais à Valsain il appartient aussi ; Il occupe moitié de cette maison-ci.
Et vous ?
VALSAIN.
Moi 1 je suis là... comme avec ma famille.
FLORVAL.
Que vous êtes heuieu.v !... Et Julie?