LE ROI, FRANCESKA, FÉDÉRIC
FRA.NCESKA.
Seigneurs chevaliers, je vous salue.
Bonjour, Franceska. Comment se porte monsieur le comte? le verrons-nous bientôt?
FRANCESKA.
Dans un moment il va descendre.
LE ROI
Avec sa fille?
FRANCESKA.
Ne vous impatientez pas; monsieur le comte est aussi pressé que vous déjouer une partie d'échecs.
LE ROI
Ce sont deux personnes bien estimables que votre maître et votre maîtresse.
FRAJVCESKA.
Oh! pour cela, monsieur le comte Sigismond... c'est un homme!... un philosophe... Je dis le philosophe le plus grand seigneur de toute la Pologne; méprisant les honneurs, les dignités. C'est qu'il a beaucoup étudié dans sa retraite ; et ce qu'il a appris dans ses lectures, il l'enseigne tous les jours à sa fille.
/,oo LA REVANCHE,
LE ROI
Mademoiselle Eliska n'est peut-être pas aussi philosophe que son père ; mais elle est bien aimable.
FRANCESKA.
Et jolie ! on n'en voit plus comme cela.
FÉDÉRIC
Tl paraît qu'on ne songe pas encore à la marier ?
Je pense que non. Cependant...
LE ROI , vivement.
Cependant?
FRANCESKA.
Ce n'est pas qu'on ne l'ait demandée vingt fois, et de bien grands seigneurs!
LE ROI
Oh ! je le crois. Mais ne pourrais-je savoir?...
FRANCESKA.
Quel intérêt pourriez-vous y prendre ? Vous n'êtes pas amoureux d'elle. Si l'un de vous l'était, je le plaindrais fort.
LE ROI
Et pourquoi donc?
FRANCESKA.
Pourquoi? pourquoi?... Vous êtes, sans contredit, de fort honnêtes gens, de braves chevaliers, qui vous battrez sûrement très bien contre les Turcs; mais, soit dit sans vous désobliger , nous avons refusé mieux.
LE ROI
Vous cioyez?