‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 165 sur 218 · ACTE I, SCÈNE III. 4o · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. 4o

Non, tu ne le crois pas. Je le vois, tu blâmes ces messieurs.

LE ROI

Mademoiselle voudrait-elle que nous restassions?

ÉLISKA

Mais s'il y avait assez de monde pour battre ces pauvres Turcs, je ne vois pas pourquoi vous quitteriez vos parents, vos amis, et...

FÉDÉRIC

Et peut-être la beauté qu'il aime.

Voilà le mérite.

LE ROI , regardant Eliska avec passion .

Il est sûr qu'il faut un grand courage pour s'éloigner d'une femme qu'on aime... surtout, si on a le bonheur d'être aimé.

LE COMTE , à part , qui a surpris ses regards .

Me trompé-je? quels soupçons!... (haut.) Allons, allons, messieurs, en attendant que vous battiez les infidèles, voyons si vous me battrez; faisons une partie d'échecs.

( II va se mettre au j^eu. )

LE ROI , bas à Fédéric .

Demande à jouer avec lui.

Monsieur le comte, voulez- vous que je prenne une leçon de vous?

4o6 LA REVANCHE,

Oh! non, je veux gagner monsieur; (moniramleroi. ) il m'a vaincu hier. Allons , monsieur Ramire.

LE ROI , à part.

Je ne pourrai causer avec elle, (haut.) Monsieur, avec grand plaisir. ( se pieiiantau jeu. ) Mais vous aurez bon marché de moi; j'ai la tête un peu malade, et c'est vraiment pour vous complaire...

Cela se passera, au bout de cinq ou six parties....

( Eliska s'est mise à broder. ) ÉLISKA , à Fédcric.

En effet, voilà un excellent moyen de guérir!

LE COMTE, au roi qui regarde souvent Éliska .

Vous n'êtes pas trop à votre jeu.

LE noi.

Il est vrai; je vous l'ai dit, je suis mal à mon aise.

FÉDÉRIC, à pan.

Il serait mieux où je suis.

Mais que faites-vous donc.'^ vous jouez avec mes pièces !

Pardon! véritablement, je suis incapable de m'appliquer. Tenez, monsieur le comte, permettez que je me borne à conseiller mon ami ; ce sera toujours jouer contre moi.

A la bomu' heure.

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