ACTE I, SCÈiNE III
LE ROI, à part, se levant et cédant son jeu à Fédéric. Tâchons de profiter de ma liberté. ( haut. ) Voilà , mademoiselle, un dessin des plus gracieux que j'aie vus. ( bas. ) Charmante Eliska , permettez que je saisisse cette occasion....
( Il continue bas. )
LE COMTE, àFédéric.
Doucement! ce cavalier ne peut aller là.
FÉDÉRIC
Oh ! il faudra bien tôt ou tard qu'il y arrive.
LE ROI, bas à Éliska.
Je vous en conjure, dites-moi seulement que j'espère.
ÉLISKA, haut.
Je suis vraiment flattée, monsieur, que cet ouvragu soit de votre goût.
LE ROI, s'inipatientant.
Eh ! mademoiselle...
LE COMTE, àFédéric.
Je vous dis qu'il sei\i pris.
FÉDÉRIC
Chevalier Ramire, vous entendez; conseillez-moi donc.
LE ROI
Je vois, je vois d'ici; c'est bien joué.
( II continue de parler bas à Élîska. ) LE COMTE , à part .
Mais il parle à ma fille avec une action !
FÉDÉRIC, aucomte.
A VOUS , monsieur le comte.
4o8 . LA REVANCHE,
Pardon... c'est que...
FÉDÉRIC, un peu liaut, remarquant Tinquiélude du comle.
Attention ! ( moins liaui. ) Je suis plus fort que vous ne croyez.
LE COMTE , voyant le roi parler vivement à Éliska.
Oh! pour le coup, il faut...
( Il se lève. } FÉDÉRIC.
Mais, où allez- vous donc?
Je reviens.
( II s'avance vers les amants . ) FÉDÉRIC , à part.
Diable! comment l'avertir? ( haut. ) Echec au roi.
LE Ror.
Plaît-il? ( se remettant. ) Echec au roi ? Je vous le disais bien , mademoiselle , monsieur votre père se laissera
vaincre. ( feignant d'apercevoir seulement le comte. ) Eh bien ! qu'est-ce, monsieur le comte? vous quittez la partie? c'est avouer votre défaite.
Oui, je sais... mais votre malaise m'a gagné. Et puis j'oubliais que voici Theure où je dois donner une leçon... de philosophie à ma fille, etjevais,si vous voulez bien le permettre...
LE ROI
C'est à nous do vous laisser libre. Le devoir que vous voulez remplir est trop respectable,.. ( avec un sérieux