SCÈNE XI
CONSTANCE
Sans doute:
Répoiidez-inoi , voyons.
FLORVAL.
Hélas ! en d'autres temps , Admirant son esprit et ses charmes naissants, Je disais quelquefois : Si mon cœur , pour la vie , î^'eût adoré Constance... il eût aimé Julie.
Eh hien! soyez mon frère.
FLORVAL.
Ah ! que proposez- vous ?
Ayant aimé sa sœur, puis-je être son époux?
CONSTANCE
Cessez donc de parler d'un amour qui m'outrage.
FLORVAL.
Eh ! puis-je de mon cœur effacer votre image ?
CONSTANCE, gaîment.
Vous ne l'efficez point.
FLORVAL.
Comment?
CONSTANCE
Julie et moi Avons les mêmes traits, vous le savez.
FLORVAL.
Mais...
CONSTANCE
Quoi ?
N'a-t-elle pas mes yeux?...
Oui, mais ce doux sourire...
CONSTANCE
Mon air, ma taille...
FLORVAL.
Oui, mais ce port que l'on admire...
CONSTANCE
Enfin tous mes traits?
FLORVAL.
Oui, je l'avoue entre nous, C'est bien votre portrait... pourtant, ce n'est pas vous ! Ce cœur tendre...
CONSTANCE
Le sien l'est aussi, je vous jure.
FLORVAL.
Eh bien!... mais comme vous sera-t-elle parjure?
CONSTANCE, gaîment.
Non , et nous différons sur cet unique point. Voyez-la du moins.
FLORVAL.
Soit; mais je ne promets point...
CONSTANCE, riant.
Oh ! ne jurez de rien avant de l'avoir vue. Valsain va revenir, laissez-moi.
(Florval sort.)