LES PRÉCÉDENTS, EXCEPTÉ VALSAIN
CONSTANCE
C'en est trop à la fin, je suis outrée.
FLORVA.L.
Eh! non:
Pourquoi le blâmez-vous de sa discrétion ? Moi-même, en pareil cas , j'agirais de la sorte.
CONSTANCE
Je n'aurais jamais cru votre amitié si forte.
FLORVAL.
Je lui dois le bonheur de paraître à vos yeux.
CONSTANCE
Je l'avoûrai , monsieur, mon cœur vous jugeait mieux : J'avais cru que, cessant d'éviter ma présence, Vous pourriez me revoir avec indifférence : Je me flattais surtout, ne devant plus m'aimer, Que vous ne cesseriez jamais de m'estimer.
FLORVAL.
Quel est donc ce courroux que je ne puis comprendre ?
CONSTANCE
Vous mêle demandez! Quoi! devais-je m'attendre Que jusque sous les yeux...
FLORVAL.
Ne craignez rien de lui :
11 est dis(ret, sensible, il plaint tout mon ennui...
82 L'ÉPREUYE DÉLICATE,
CONSTANCE
Mais encore Valsain...
FLORVAL.
Fût-il ici lui-même, N'aurais-je pas le droit de vous parler de même? Et pourrait-il (s'il rend justice à vos attraits) Condamner mon dépit et blâmer mes regrets?
CONSTANCE
Arrêtez : finissez un discours qui m'offense , Ou je vous interdis pour jamais ma présence.
FLORVAL, un peu pique.
Eh bien!...
CONSTANCE
Je plains les maux que vous pouvez souffrir : N'en parlons plus ; songeons plutôt à les guérir.
Les guérir ! se peut-il ?
CONSTANCE
Écoutez-moi.
FLORVAL.
J'écoute.
CONSTANCE
Aimez-vous ma sœur ?
FLORVAL.
Moi!
CONSTANCE
Vous.
FLORVAL.
Voire sœur?