SCÈNE XX
Qui , moi , Madame! poiivcz-vous le supposer? Mais quoi!
(avec effort.)
Voulez-vous donc... qu'il reste?
CONSTANCE
Et croit-on sa présence De nul danger pour moi? de nulle conséquence ?
VALSAIN.
Que faire donc ?
CONSTANCE
Que faire ? est-il temps d'y songer ?
Avant de s'y livrer on prévoit le danger. Saviez-vous le pouvoir d'une première flamme? Connaissiez-vous l'amour et le cœur d'une femme? Ignoriez-vous enfin le péril qu'elle court, Si le devoir vient seul lutter contre l'amour !
VALSAIN.
Ah ! que j'ai de regrets!
CONSTANCE
Voilà , voilà les hommes !
Quoique faibles peut-être autant que nous le sommes, Ils ne doutent de rien ; ils immolent gaîment Le repos d'une femme au désir du moment.
VALSAIN.
Daignez me pardonner.
CONSTANCE
Moi!
loo L'ÉPREUVE DELICATE,
VALSAIN.
Je VOUS en conjure !
CONSTANCE
Yous vous faites un jeu de r ouvrir ma blessure; Vous risquez le repos de vos jours et des miens; Vous déchirez un cœur qui chérit vos hens ; Et vous voulez... Hélas ! je le voudrais de même ; Mais, le puis-je, monsieur? décidez-en vous-même : Si je l'aimais encor me pardonneriez-vous?
VALSAIN , tombanl à ses genoux.
J'ai tort; pardonnez-moi; je tombe à vos genoux. Laissez-vous attendrir; daignez, daignez me rendre Celte amitié si douce oii j'ose encor prétendre. Vous l'avez dit : mon crime est l'erreur d'un moment % Mon esprit s'égara... mon cœur est innocent.
SCÉJNE XXI.