‹ OEuvres diverses. PublieésChapitre 57 sur 218 · ACTE II, SCENE III. 1G · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. 1G

Je suis riche! vraiment cela vous plaît à dire;

Voilà, voilà l'envie! Eh! sachez une fois

Que je ne gagne rien au-delà de mes droits.

Me croit-on sans honneur et sans délicatesse?

Aux dépens du public croit-on que je m'engraisse?

L'an passé même encor, n'y mis-je pas du mien?

BONÉZI, à part.

Comme il ment !

(haut.)

Plaignez-vous ! cela vous sied fort bien, Après m'avoir soustrait le superbe héritage Qu'une veuve m'allait donner en mariage.

Son héritage, moi ! je n'y songeai jamais.

BONÉZI.

Vous allez voir qu'il a brûlé pour ses attraits !

RICARDO, d'un ton pleureur.

C'est être bien cruel que de rouvrir sans cesse Des blessures... Moi, qui l'aimais avec tendresse!

BONÉZI.

Dites donc ses écus; votre deuil e.st touchant!

RICARDO

Ah! je la pleure même en comptant son argent.

BONÉZI.

Eh bien ! si votre deuil est en effet sincère, Si vous avez vraiment épousé la douairière Par inclination, vous pouvez bien, je crois, Marier votre enfant aussi selon son choix.

RICARDO

Mais vous , qui vous mêlez ainsi de ma famille , Pourquoi ne pas donner à Selmours votre fille ?

BONÉZI.

Oh ! c'est bien différent,.. D'abord, il est de fait Que Camilla pour lui n'a pas le moindre attrait. Faut-il la lui jeter à la tête?.. Je pense Qu'il me sied peu... D'ailleurs, la belle conséquence! Parce que ce parti doit vous sembler fort bon , Dois-je le trouver tel ?

Sans doute ; et pourquoi non ?

BONÉZI.

Pourquoi?... Dispensez-moi d'en dire davantage.

RICARDO

Je vous trouve plaisant de tenir ce langage, Et de me croire heureux d'accepter un parti Que vous rejetteriez !

BONÉZI.

Mais je vous trouve aussi Bien singulier d'oser vous mettre en parallèle, Vous commis, avec moi, dont le nom seul rappelle Tout ce que l'Italie a, depuis cinq cents ans, Vu de plus renommé parmi les commerçants.

RICARDO, ironiquement.

Ah! pardon! j'oubliais tous ces aïeux célèbres Dont vous faites si bi(în les oraisons funèbres. Devant eux je m'incline avec humilité ; Aussi je mv ficMidrai dans mon obscurité.

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