‹ Œuvres Diverses publiéesChapitre 15 sur 192 · Hérodote, liv. II, chap. lxxvii · texte numérisé non relu

Hérodote, liv. II, chap. lxxvii

Dans le même passage, Hérodote raconte aussi que les Égyptiens, n'ayant pas de vignes dans leur pays, boivent de la bière, et qu'ils mangent le poisson cru, séché au soleil, etc. Il n'y a pas la moindre confiance à accorder à ces singuliers renseignements.

Les monuments originaux nous prouvent que l'art de la panification était fort avancé en Egypte, dès Tépoque pharaonique. Des officiers, de rang hiérarchique assez élevé, étaient préposés aux grands services de la culture, de Temmagasinage et de la conservation des produits des récoltes, de la fabrication du vin, des huiles, des pains et des conserves de toute espèce. C'est avec raison que la Bible fait du chef des panetiers de Pharaon un personnage assez important pour avoir pu être compromis dans une affaire politique, en même temps que le chef des échansons'.

Le nombre considérable de mots qui, dans les hiéroglyphes, désignent des pains ou des pâtisseries, est^un sujet de grand embarras pour les traducteurs. La série des mots finançais qu'on peut prendre pour analogues est bientôt épuisée; mais, comme il est presque impossible de se former une idée tant soit peu exacte des différences qui pouvaient exister entre ces divers produits de la panification des céréales, on peut toujours lever la difficulté en transcrivant les mots égyptiens eux-mêmes. Comme nous l'avons fait remarquer, le nom A'oïk était donné à des pains de différentes formes; aux Papyrus RoUin, ce mot se rapporte à la fois aux keleshta et à une autre sorte de pain nommé akkou, dont nous parlerons tout à l'heure.

Le keleshta est une des espèces dont il nous est possible de concevoir une idée un peu précise. D'après nos papyrus, le poids réglementaire de ce pain devait être de 3 outen,

1. G^/ié.çr», chap. xl. Le Papyrus judiciaire de Turin traite d*une intrigue du même genre, ourdie par les femmes employées h Tintérieur de la résidence royale de Ramsès III, mais il ne s'agit pas, à mon avis, des femmes du Harem.

c'est-à-dire d'un peu moins de 275 grammes; il s'en faisait aussi de 3 outen \ (environ 320 grammes) et de 4 outen (364 grammes). Mais ces poids réglementaires variaient au rendement, comme c'est encore le cas dans la panification moderne, telle qu'elle est le plus généralement praticjuée'. Il était tenu un compte détaillé de ces rendements, ainsi que des autres opérations relatives à la mouture et à la panification. La page x du Papyrus 1885 contient onze articles, qui, totalisés, donnent un ensemble de 39064 heles/Ua, pesant 132570 outen, c'est-à-dire en moyenne 3 outen -g- par keleshta; le poids le plus faible est représenté par 3,086, et le plus fort par 3,88. A la planche XIII. d'autres comptes varient entre 3,03, limite inférieure, et 3,90, limite supérieure.

Après les comptes de détails, venaient les comptes d'ensemble; les Papyrus Rollin nous en offrent plusieurs exemples. Jp donnerai la ti-aduction de ceux que reproduit la planche XI de M. Pleyte :

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