‹ Œuvres Diverses publiéesChapitre 168 sur 192 · Nou d'ivoire à lame de fer; son nom lève-main*. Nou · texte numérisé non relu

Nou d'ivoire à lame de fer; son nom lève-main*. Nou

Des cinq instruments ainsi décrits, trois sont à manche d'ivoire et deux à manche de bois, mais la lame de tous est

1. Cela signifie que ce premier nou n'avait pas de nom particulier.

2. Ce nom semble provenir de la nécessité pour Tofficiant de lever la main pour approcher l'ustensile de la tête du défunt.

du métal baxi; leur description est si parfaitement conforme à celle que donne M. Devéria des trois nou du Louvre, que les conditions d'identification que j'ai reconnues indispensables me paraissent démontrer que le baa des Égyptiens est bien le fer, alors surtout que cette opinion a déjà été soutenue avec force, en labsence de preuves aussi décisives. Expliquons en passant que le signe du traîneau "^^Sc est

une variante du groupe jO^. • Oi^ 1^ trouve souvent employé comme déterminatif du groupe phonétique, et aussi seul pour exprimer le mot baa, comme dans le texte qui nous occupe. L'absence du déterminatif des métaux ne fait pas plus difficulté que celle du déterminatif de l'ivoire; limité par l'espace, le scribe a supprimé tous les signes facultatifs.

Deux des manches sont de bois, l'un de ^ oi , ouan,

l'autre de ^, mer. D'après les dé termina tifs, on voit

qu'il s'agit de bois durs. L'inscription d'Amenemheb, publiée par M. Ebers, nous a appris qu'une localité située au nord du Liban était appelée au nom de l'arbre ouan\ Le voyage d'un Egyptien parle aussi d'une essence forestière,

nommée fl ^^ ^^-^[Sy cioiin, qui se trouvait dans le Liban

avec le chêne et le cèdre. Pour des motifs qu'il serait trop long de produire ici, j'ai pensé que c'est le caroubier au bois inaltérable, très recherché pour les travaux de marqueterie, et qui abonde en Syrie.

Quant au bois de meri ou mer, c'était aussi une espèce recherchée; Thothmès III en recueillait parmi les tributs qu'il percevait en Assyrie. Les portes des naos portatifs et des chapelles étaient fabriquées avec ce bois, qui recevait des garnitures de bronze. On l'utilisait aussi bien dans la charronnerie.

1. Voir plus haut, t. IV, p. 337-338, de ces Œucres dîccrses.

L'examen des naos conservés dans les musées, et surtout des manches de noa du Louvre, dont nous venons de parler, fournirait peut-être des observations de nature à assurer Tidentification de ces bois avec entière certitude.

Chalon-sur-Saône, 25 novembre 1873.

Nous n'avons connu, jusqu'à ces derniers temps, qu'un seul ouvrage d'imagination provenant de l'Egypte pharaonique : c'est le Conte des Deux Frères, que M. de Rougé a déchiffré sur le papyrus de M°*® d'Orbiney, aujourd'hui propriété du Musée Britannique*. Ce papyrus, qui constitue pour les égyptologues la plus exacte des grammaires et le plus incontestable des vocabulaires, a épargné aux investigateurs des écritures égyptiennes au moins dix années de tâtonnements. Grâce au grand nombre de citations dont il a été l'objet, et aux diverses traductions qui en ont été faites, ce texte est devenu presque populaire; les singulières et merveilleuses aventures de Baïta et de son épouse perverse sont connues d'une partie considérable du public lettré.

Le conte non moins merveilleux que M. le docteur Brugsch a lu dans un papyrus démotique du Musée de Boulaq, et que ce savant a appelé le Roman de Setnau, offre moins d'intérêt, à raison de sa date beaucoup plus

1. Lu à rAcadémie des Inscriptions et Belles-Lettres, le vendredi 17 avril 1874, et publié dans les Comptes rendus de cette Académie, IV série, t. II, p. 117-126.

2. Voir le travail de M. E. de Rougé dans la Revue arvhèolofjique, IX' année, 1852, p. 385.

récente. D'ailleurs, la traduction publiée par M. Brugsch est confuse dans plusieurs passages. Il est à désirer que ce savant, qui n'a pas de rival dans la connaissance du démotique, soumette le texte à de nouvelles investigations.

L'année dernière, en compulsant les papyrus hiératiques du Musée de Turin, publiés par MM. Pleyte et Rossi, j'ai découvert les débris d'un troisième petit roman. Malheureusement, les fnigments conservés de ce papyrus ne contiennent ni le commencement ni la fin de la composition, et sont eux-mêmes criblés de lacunes. J ai hésité à signaler au monde savant ma petite découverte. Mais, aujourd'hui, elle trouvera tout naturellement sa place à la suite d'une notice sur une quatrième œuvre d'imagination qui vient d'être signalée.

Ce nouveau conte égyptien a été reconnu sur l'un des papyrus hiératiques de la collection Harris, acquise récemment par le Musée Britannique, et non encore livrée à la publicité. Cette découverte est due à M. C. W. Goodwin, l'un des rares égyptologues dont il soit possible d'accepter les traductions sans contrôle. Ce savant a communiqué à la Société d'Arcliéologie biblique de Londres un compte rendu du petit roman.

Voici la traduction de ce compte rendu :

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