DEUXIÈME COMPTE
Montant des farines :
tas 1601 faisant ketcs/tta 1 12090
faisant outen 392306
Venu au magasin :
keleshta 114064
faisant outen 385971
Déficit outen 0335
faisant keleshta 1815.
Ce que ce dernier compte présente de remarquable, c'est que la quantité de pains entrée au magasin est plus forte de 1974 pains que celle qui avait été prévue, et que cependant il y a eu un déficit sur le poids. On voit d'ailleurs par le calcul que l'évaluation du scribe est basée sur le rendement d'un pain keleshta pour 3 outen \ de farine, tandis que les keleshta fournis ne pesaient que 3 outen 38 centièmes. La perte en poids a été de 6335 outen, ce que le scribe évalue, toujours en se servant de la même proportion, à 1815 pains keleshta. Nous pouvons tenir pour certain que le keleshta, qui était fourni par quantités aussi considérables, représentait la ration d'une personne pour un repas. Les pains de 4 outen formaient la part d'un homme, ceux de 3 outen celle d'ime femme ou d'un jeune garçon.
6° Le pain ^zi>^ %> 0^3) akkou était en miches plus fortes.
D'après la mention portée au Papyrus RoUin 1885, pi. XIII, 1. 2, le type réglementaire de cette espèce devait être de 13 outen -j, soit environ 1 kilogramme 4 (1228 grammes). Mais on en trouve d'évalués à 13, 124* et même 11 outen (même papyrus, pi. XII). Le moindre poids est encore à peu près de 1 kilogramme, et il semble que Vakkou ait dû représenter le quadruple du keleshta.
Dans tous les cas, l'un et l'autre de ces pains étaient
fabriqués avec la même farine; ils étaient tous les deux distribués aux ouvriers et aux gens employés aux travaux de l'agriculture'. Il en était fait usage au temple de Médinet- Abou, avec plusieurs autres espèces, parmi lesquelles ne se rencontre pas le keleshta. Les inscriptions de ce temple
donnent la forme ^^r:^ * ; on y trouve aussi ^^=^^ * ; ce
doit être le même mot; il nous apprend que les miches de ce pain étaient quelquefois sous forme de calottes hémisphériques.
7^ Le groupe ®C3i souvent abrégé en O, joue dans les comptes de boulangerie un rôle assez compliqué; on l'y rencontre fonctionnant comme une indication de nombre ou de quantité, soit en nombres entiers, soit en nombres fractionnaires. Les quantités de ® C3 sont totalisées dans les comptes, absolument comme le nombre des pains et les poids ^n outen. Cependant, Tinspection des calculs montre au premier coup d'œil que Tunité ® O n'exprime pas une quantité fixe. C'est ce que démontrent incontestablement les mentions finales de la planche VIII de M. Pleyte, dont je donne ci-après la traduction :
Le boulanger Djadja, farine nettoyée O 2, keleshta 400
Le boulanger Khar, — 'O l-f — ^^
Le boulanger Nou- Amen — O l-r — 250
Le boulanger Onkhtou — U 1t — 300
Total, farine nettoyée O (7 1) keleshta 1200
A la ligne 15 de la même page, nous avons le boulanger Onkhtou, farine nettoyée O 1 y, keleshta 300, Ainsi donc, 1 C3 T pouvaient produire soit 250 keleshta, soit 300; l-^pouvaient produire aussi 300, c'est-à-dire plus que 1 -f, dans
1. Papyrus S allier /, pi. 5, 1, 1. Voir mes premiers Mélanges ègr/ptologiques^ deuxième dissertation.