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LE ROLE DES DÉTERMINATIFS

Les déterminatîfs, qui nous montrent si souvent l'image de la chose, juxtaposée à l'expression graphique du nom, ont remplacé pour nous, dans une certaine mesure, les vocabulaires perdus de la langue égyptienne. Lors même qu'ils ne sont pas figuratifs, et alors qu'ils ne nous donnent pas les valeurs précises, tout au moins ils nous indiquent la classe à laquelle appartiennent les mots nouveaux que nous rencontrons. De telle sorte qu'il a été possible, sans les comprendre exactement, de tirer des textes hiéroglyphiques des renseignements exacts, souvent d'une grande importance.

Aucune autre écriture n'offre le même avantage; aussi les erreurs possibles, sur les textes phéniciens par exemple, sont-elles beaucoup plus considérables que celles que peuvent commettre les égyptologues travaillant sur le terrain de leur spécialité. On ne prendra jamais un tableau égyptien des redevances dues à un temple pour un traité d'alliance

1 . Publié dans la Zeitschriftfur àgyptische Sprache^ 1869, p. 55-56.

entre deux villes. Si des divergences se manifestent entre, des interprètes sérieux, elles porteront uniquement sur les détails. Pour ce motif, il arrive souvent qu'on est dans l'impossibilité d'analyser un texte de manière à en donner une traduction satisfaisante; mais, dans ce cas, le traducteur reconnaît son impuissance; s'il propose une version quand même, il n'ignore jamais qu'elle n'est pas certaine.

Parmi les difficultés de détail qui, fort heureusement pour les investigateurs curieux, nous arrêtent encore, il en est qui tiennent au système de l'écriture. Ce système n'imposait pas une régularité constante; les scribes pouvaient se laisser aller à leurs caprices et, par exemple, écrire ou ne pas écrire les déterminatifs, admettre des superfétations ou des abréviations dans Texpression phonétique des mots, déplacer les signes, employer les déterminatifs d'une manière abusive, c'est-à-dire appliquer le déterminatif d'une idée à une idée toute différente exprimée par le même mot, etc.

On conçoit que ces caprices sont une cause de sérieux embarras pour les traducteurs : toutefois, il n'est pas impossible de surmonter la difficulté, tant les ressources dont l'abondance des textes publiés nous a rendus maîtres sont grandes.

Mais il est un emploi régulier des déterminatifs sur lequel il me paraît utile de dire quelques mots. Je veux parler des cas dans lesquels les déterminatifs ne doivent pas être considérés comme attachés au mot qu'ils suivent, c'est ce qui arrive lorsqu'ils déterminent une idée exprimée par un

groupe de mots. Par exemple, dans l'expression '«L ^ ^^

VR^i celui qui combat les crocodiles, il est aisé de

voir que le déterminatif ^, qui suit le mot crocodiles,

n'a aucune relation spéciale avec ce mot, mais qu'il s'applique à l'idée exprimée par l'ensemble de la phrase. Ceci nous explique pourquoi le déterminatif est quelquefois

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