‹ Œuvres Diverses publiéesChapitre 7 sur 192 · Livre t · texte numérisé non relu

Livre t

A///, n" 3 et 4.

Égyptiens connaissaient bien ces redoutables animaux; il est tout naturel dès lors qu'ils les aient pris comme types des quadrupèdes contre lesquels ils avaient à se défendre.

Le groupe ^^^ pourrait très bien, comme je l'avais

d'abord pensé, nommer une localité spéciale; mais il a pour

variantes, dans le passage étudié, les formes <=>, S=S; or,

cette forme <=> (aussi <=>) remplace dans la suite de

la phrase : 7*ends-les pour moi comme de petites pierres sur la terre. Nul doute que nous n'ayons affaire à une expression pareille à celle qui se rencontre au Papyrus Sallier II,

p..l4,Hg.r:^q^,^f-.

J'en conclus que le groupe ^^ est l'une des valeurs phonétiques de ^^^, et qu'il représente la terre ferme et ha-

bitée par les hommes, par opposition avec (1 ^^, l^

Jleuve, la grande eau, dans laquelle vivent les crocodiles et les poissons; conséquemment je vois aujourd'hui dans les lions de Mérou, non pas les lions de Méroé, mais les lions et généralement tous les carnassiers habitant la terre et menaçant la sécurité de l'homme.

Chalon-sur-SaAne, 20 août 1868.

SUR

Dans mon mémoire intitulé : Détermination métrique de deux mesures égyptiennes de capacité^ y j'ai fait connaître la contenance :

1^ Du hin ( ™ 0). qui est de 46 centilitres;

2® Et d'une mesure que j'ai nommée la tasse, en hiéroglyphes /^, et qui contient le tiers du hin, c'est-à-dire environ 15 centilitres \.

Je rappelais aussi que mon savant ami, M. Dûmichen, avait établi qu'une mesure f^, qu'il appelle tena, contient quatre fois la mesure /'"C^, qu'il nomme apet, ce qui donnait pour le tena une valeur de 61 centilitres environ, d'après mes évaluations.

L'étude de quelques-uns des textes précieux, si abondamment mis à la disposition des égyptologues par le même savant, m'a fait reconnaître que cette dernière observation réclame quelques développements.

Il y a lieu tout d'abord de faire remarquer que la valeur

1. Pabliédans la Zeitschrlft fur âgyptische Sprache, 1869, p. 57-62.

2. Reproduit au t. III, p. 77-93, de ces Œucres diverses, — G. M.

de 15 centilitres ^ pour la tasse .••^ est fournie par des textes de l'époque des Lagides; que, par conséquent, on ne peut pas, sans preuves nouvelles, appliquer cette valeur à une mesure similaire de la grande époque pharaonique.

Or, c'est le calendrier de Médinet-Abou qui a fourni à M. Dûmichen la valeur : 4 /'^ = 1 f^, et ce monument date de l'ère des Ramessides; ainsi donc, lors même que l'on serait autorisé à assimiler le signe /••^, qui représente un boisseau comble, au signe /••'O, qui figure une coupe ou une tasse à main, on ne serait pas encore en droit d'attribuer au premier de ces vases-mesures la valeur de 15 centilitres -5-, qui formait, à environ dix siècles d'intervalle, la contenance du deuxième.

L'existence d'une mesure de 61 centilitres, désignée par le signe f^, est donc au moins conjecturale en cet état de la question. Mais il y a encore à faire ici une observation essentielle, c'est que la mesure f^ n'est pas la même que

la mesure nri. tena; et que la mesure/*^ n'est pas la

même que la mesure (| ..-^ .

Dans les énumérations données par le calendrier de Mé-

dinet-Abou, sont indiqués comme mesurés au l\fL tena :

l'encens; le parfum précieux, antijxin autre parfum nommé teket; et diverses espèces de pâtes ou farines, dont on faisait des gâteaux ronds et coniques ou des pastilles.

La circonstance que le tena servait à mesurer l'encens et les plus précieux aromates de l'Arabie nous conduit naturellement à penser que cette mesure était de médiocre capacité; on ne saurait douter qu'il n'en soit ainsi, si l'on considère les mentions portées aux lignes 8, 9 et 10 du grand tableau qui indique Temploi journalier des denrées au temple de Médinet-Abou, avec notation des quantités totales de chacune d'elles pour Tannée entière'.

1, Dtimichen, Kalender-Inschriften, pi. II.

Ces lignes se rapportent à trois espèces de parfums', ainsi qu'on peut la voir en composant les autres tableaux, où ces sortes de substances sont constamment notées après le vin. Des trois articles qui concernent les parfums dans ce passage, le premier était probablement noté en poids outen dU en mesures p^; tous les chiffres en ont disparu. Du second, on distingue la quantité annuelle, qui est de 2190 tena, c'est-à-dire de 6 tena par jour; et le troisième donne \m produit de 3650 tena par an. à raison de 10 tena par jour.

Additionnés ensemble, ces deux articles forment un total de 5840 tena, qu'il faut porter au moins à 6000 tena, pour tenir compte de l'encens mesuré en boîtes p^-

Je démontrerai tout à l'heure que la mesure apet (1 ••" ^ était de la contenance de 18 litres 40 centilitres. Si le tena (^^(j.^) valait 4 apet, il Ferait donc égal à 73 litres 60 centilitres, et les 6000 tena de parfums ne représenteraient pas moins de 4300 hectolitres!!! La production du monde entier n'aurait pas suffi, à beaucoup près, à la consommation annuelle d'un seul des temples de l'Egypte.

Si l'on supposait que Je tena est le quadruple, non de lapet, mais de la tasse .--0, et valût conséquemment 61 «.ent'htres, la an^ntité totale serait réduite à 36 hectolitres environ, chiffre n . ' Ide disproportionné. 11 ne

faut pas, en el^"'.'^* P'f ^î^" ^loi de l'encens dans les cuJtes antiques J.' ^"^"' ^^ ^ ^""^Ltiaue dans les religions modernes, 00*^.' « «près ce qui s\P\ j -jsme; nos plus grandes cathédrales n» '^^e^ t dans Je cathoi ^^ ^ kilogrammes (environ 3 ou 4 j.^tJ consument pas pj^^ j libations, onctions et fum/gaf/oQ^ ^^res). Mais aujourd'l^*^ réellement effectuées, tandis quQ ^, ^Oftt plutôt indiquées a^ ^g brûlaient en abondance (/aQ^ ^Hcens et les autres P^^ j^e culte que Salomon

^S cérémonies antiqn®^*

'• ^ h{^ , A la ligne 9, où la fin du

groupée,, ^^^^^,^^^«3 sont oblitérés, «»^*

institua employait aussi beaucoup de parfums. Parmi les présents que ce monarque fastueux reçut de la reine de Saba, figuraient des aromates en quantité énorme : « Jamais, » dit le texte biblique, imitant ici le style égyptien, jamais » il ne fut apporté plus d'aromates que n'en donna la reine » de Saba au roi Salom^n ^ . »

Mais s'il est vrai que la contenance de 61 centilitres pour

le \\rLtena donne ici un résultat acceptable, cette con-

tenance ne repose sur aucune preuve directe. Les documents que j'ai étudiés ne m'ont fourni l'indication d'aucun multiple, ni d'aucun sous-multiple de cette nature, que le texte de Médinet-Abou distingue avec soin de la mesure f^, ainsi qu'on peut l'observer dans les résumés de chaque jour ; certaines substances y sont toujours nombrées en h-f^-f

d'autres en (1 ..-i^ , mais les indications f\ et /" sont presque uniquement employées pour deux espèces de céréales ..[f] et ...CÎ3, qui sont toujours totalisées ensemble sous la rubrique commune de 5'/"^» c'est-à-dire de grains \

Du reste, une preuve rigoureuse de la non-identité des

mesures (] jq. et f^ se trouve à la planche XV du calendrier de Médinet-Abou. En A, trois espèces de pâtes ou pastilles sont comptées en U-R-î l^s trois forment ensemble 45 tena, et leur produit en gâteaux ou pastilles est additionné pour 260 dans le total de 355 pains sacrés donné par le résumé ; or, le même résumé, réduisant en f^ et .."i^

1. Rois, I, cbap. x, v. 10. L'encens était aussi d*un usage fréquent dans les cultes syriens. Séduit par ses femmes étrangères, Salomon adora leurs dieux devant lesquels Tencens brûlait (Rois^ I, chap. xi, V. 2). L'un des crimes d'Achaz fut d'avoir éleyé des autels pour brûler Tencens (Paralip,, II, chap. xxviii, v. 25).

2. Plusieurs textes nous montrent que ce groupe représente les denrées dont les greniers étaient remplis.

toutes les céréales employées, ne donne que 30 f^ pour le tout. En B de la même planche, 30 tena, ayant produit 200 pastilles, sont compris dans 375 pains sacrés, pour lesquels on a employé en tout seulement 11 f|- de céréales.

La ^istinction que j'ai voulu faire ressortir entre les AA^^vwSft ®* "R" ^st donc nettement établie; l'observation que j'ai empruntée à M. DUmichen doit, par suite, être rectifiée; il en est de même de celle qui m'est propre et qui est relative au groupe ^1\ Ce groupe peut très bien désigner une ^l^ce de céréale nommée grain du Midi, de même que ,...0 semble désigner le grain du Nord; dans ce cas, il serait l'équivalent de ^^^, <=^ r^ulte aussi de. l'étude qui précède que la mesure

^Sf|-^*ait de petite capacité.

examinons à présent la mesure (j°/-^ apet.

Nous ferons d'abord remarquer, à l'appui de la distinc-

ion que nous venons de démontrer, que cette mesure est

^equemment exprimée en nombres considérables, plusieurs

supéri"^^^ ^^^ ^^eoîple, et toujours sans réduction en unités

J^ rappel eJ^^ ^ ^^^ P^^^ible de déterminer la contenance. -^uJte feZ^'^ au su]et de cette détermination, quelle

P^eij^ •' "° ^Aaultant de la connais-

oirf^^es concordantes, résu

sance da poin ''=» concoraantes, x«^-- . . ,„ ,^ j„„

^sbienco^"^^ outen delà nesLnteur spécifique de den antinnl ^^Ua "f^' J^® '^ P^'^^ ^es opérés sur des vase antiques cali^^^s, et enfin de mesurag®^ ^

-Le table/., f^s'.

^U î ' ,. ,,*. i'ai précédemment

^ (Je Médinet-Abou, a^® ^ ^

P- 17^; c/. û *nç. ^ égyptiennes de capacité,

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