AVERTISSEMENT
/p^^-v wk E qu'il V a do, sinsulior dans la vie de Mau- Auy^^Jr/ croix, c'est fine, jusqu'au Jour de la publica- \|'^'^^ tion des Ilistorielles de Tallcmant des Réaux, <*^— '' ^ la vie agitée de notre auteur, sa jeunesse orageuse, les dissipations de son âge mùr, et surtout les hardiesses de sa muse folâtre étoient restées un mysK'rc pour tous. Je me ti-ompe : la plume élégante et chaste de M. Walckcnacr avoit souli^vé un coin du voile sous lequel s'étoit jusqu'alors abritée cette renommée incomplète. Le manuscrit de Tallemant, dès l'année 1820, avoit été communiqué au savant académicien , dont les yeux effarouchés s'étoient refusés au jet de lumière projeté sur l'auteur par les révélations du conteur indiscret. Maucroix aloi-s n'étoit connu dans le monde litiécaire que par des ouvrages d'érnditio'n d'une haute moralité. Tout le monde savoit qu'il avoit vécu dans l'intimité des meilleurs écrivains de son temps; (lu'homme du monde, il avoit eu la faveur du surintendant Fouquet, de la marquise de Rambouillet et du prince de Conty , et qu'honmic d'église enfin ,
VI AVF.RTISSEMENT.
chanoine et sénéchal de Xotre-Damo de Reims", il avoit été foit suspect au cardinal Barberin , le bienvenu de l'illustre évéque de Meaux, et presque l'ami de l'archevêque, Charles-Maurice le Tellier.
Comment se résoudre à compromettre une si belle renommée? M. Walckcnaer, tout en accueillant certains récits de Tallemant trop nettement exposés pour être exclus, avoit jeté des flots de gaze sur les détails si crus du scandaleux chroniqueur; mais eiilin malgré les précautions délicates du biograjjhe, le Maucroix-Wakkenaer n'étoit déjii plus l'édifiant Maucroix que nous avoit représenté l'abbé d'Olivet.
Les choses on étoicnt là pour notre chanoine, quand, parrexhuniafion littéraire que firent, en 1833, 31M. de Monmerqué et Taschcroau des Iliston'etles de Tallemant, toute une société d'ombres illustres vint subitement chaiiger la i)]iysionomie du grand siècle. A la vérité, les nom elles silhouettes ne reproduisoicnt pas tout à fait l'époque, selon les idées accréditées jusqu'à ce jour. Mais il fallut bien le reconnoîtrc : malgi'é la surprise que causoit le trop nu de certaines figures, chacun y retrouva ses gens ; les noms, les titres y étoient, et les portraits aussi. Bien des illusions cessèrent devant ces masques tombés ; mais à qui la faute , si ce n'est aux peintres primilifs, inhabiles ou intéressés, qui n'avoient pas fait poser leurs modèles sous le véritable Jour, avec les accidents de lumière qu'offre liabituellement la nature?
C'est parmi ces réapparitions inattendues des illu^- .traiionsdii xvii* siècle que se retrouva la figure un peu méconnoissable, il est vrai, du bon chanoine Maucroix. I-e bi7arrn accoutrement dont l'alfubJoit l'auteur des Z^jV-