SA VIK ET SES OUVRAGES. CCIX
nez-vous à celle Margol? Petile, moins que rien ! Je ne suis pourtanl pas fâché d'avoir égraligné ses amours; c'est une sotie encore une fois; elle pouvoit mieux choisir. Je lui Irouvois de l'esprit, elle csl de belle taille, bien faite; vous avez beau dire, c'est une sotte, je vous assure ; ne m'en parlez plus, car je n'en veux plus entendre parler. »
Puis Maucroix cherche à s'excuser de son penchant poiu' les plaisirs mondains, et comme vaincu à l'avance par les reproches qu'il redoute, il s'écrie : « Vous me faites mourir, vous autres prudes! Vous purifiez trop toutes choses! Vous voulez que le bon vin soit sans lie! IMaisje ne vous réformerai pas !» — Ne sembleroit-il pas, à ces paroles, qu'il s'adressât à un dragon de vertu. Or, mademoiselle Serment (Louise-Anastasie) , sorte de bel-esprit du Dauphiné, étoit la muse dont s'inspiroit le sensuel Ouinault. On raconte d'elle qu'en proie, quoique jeune encore, à de douloureuses iniirmilé>, elle invoquoit la mort et s'éteiguit en improvisant celte épigranime latine:
Ncclare clausa suo
Dignum tantorum prelium lulit illa laborum.
Le poèîe Pavillon, qui la vit dans les derniers moments, lui laissa ce quatrain :
Ta muse, la personne, au delà l'oude noire, , Él';rniseront la mémoire :
L'amour en a faille serment, Puisque Quinault est Ion amant.
De la publication qu'il avoit faite en commun
CCX MACCRGIX.
avec La Fontaine, à celle dos Homélies d'Astérins, qui n'eut lieu qu'en 161)5, dix ans s'étoient écoulés sans que Maucroix eut rien lait paroitre ; cependant sa vie n'avoit point été inoccupée. On trouve à ce propos, dans les notes de Boileau-Brossette, une parlicularilé curieuse : Maucroix avoit traduit la Vieillesse, l'Amitié, et la première Tusculane de Cicéron, avec le dialogue De causis corruptœ cloquentiœ. M. de Maucroix, dit Brossette, « vouloit l'aire un volume de ces quatre traductions, et il les avoit données aux réviseurs ordinaires pour avoir l'approbation et le privilège. M. Dubois, de l'Académie irançoise, qui, de son côté, avoit traduit les traités de la Vieillesse et de VAinitié, obtint des réviseurs qu'ils gardcroie:t près d'un an le manuscrit de M. de Maucroix, et pendant ce -temps il lit imprimer le sien. Td. de Maucroix, après avoir bien grondé dans sa province contre la lenteur des réviseurs de Paris, apprit enfin le tour que M. Dubois lui avoit joué. C'est à ce sujet que M. Despréaux lui avoit dit ; « Le dévot dont vous vous plaignez....» Sa colère alla jusqu'à ne vouloir publier ensuite aucune de ses traductions.
Dans la belle lettre que Boileau écrit à Maucroix àl'occasionde la mort de La Fontaine, nous voyons cependant que notre auteur, encore tout froissé du procédé Didiois, n'avoit point tout à fait renoncé à l'impression, puis([ue ces mêmes travaux, il les communiquoit au sévère Aristarquc pour en avoir l'avis. « Pour venu- à vos ouvrages, lui dit Boileau,