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SA VIE ET SES OUVRAGES. CCXXVII

mais. M. de La Fontaine ne ment point en prose, dit madame delà Sablière. »

Ensuite vient Conrart , et ce qu'il en rappel' confirme de la façon la plus formelle ce qu'a dit tre lui Tallemant, moins les médisances dont l'auteur des Historiettes a eu le tort de semer son récit, parlant d'un homme qui avoit été son ami.

« Vous avez beau trouver de l'impossibilité à ce que je vous ai raconté de M. Conrart, oui, je vous répète que M. Conrart, qui ne savoit pas un mot de laiin, m'a dit souvent, et l'a dit à bien d'autres, qu'il faisoit la différence d'un vers de Virgile d'avec un vers de tout autre poète latin. »

Voiture a son tour. ^Iaucroix,dans sa jeunesse, l'avoit connu à l'hôtel Uambouillet, et il s'étoit longtemps enivré de sa prose limpide et fleurie, restée pour lui le modèle qu'il a fini par dépasser.

Puis revient avec le nom de îMalherbe le souvenir des discussions que les odes de ce poète ont soulevées jadis : « Puisque vous suivez Malherbe, songez une autre fois que c'est un guide qui peut égarer. Il a beaucoup d'élévation , mais il n'a presque ni douceur ni tendresse. Son grand travail, en quelques endroits, ne sert qu'à mieux faire voir qu'il n'est point naturel. Je me souviens d'avoir compté avec MM. Pellisson et de La Fontaine près de quatre-vingts stances qui nous paroissoient inimitables. Peut-être que je n'y en Irouverois pas tant aujourd'hui. »

La seconde lettre est du 6 octobre 1705. Maucroix entre en matière à propos de ce traité de

ccxxviii Malcroix.

rhétorique françoise que, dil-on, Patru devoil mellre au jour.

« Je sais qu'il en avoil formé le dessein et disposé même tous les chapitres : voilà tout ce qu'il en a fait. Il n'éludioit que lorsqu'il n'avoit rien à faire de meilleur, et souvent il croyoit avoir quelque chose de meilleur à faire que d'étudier. » Cependant Maucroix expose quelques-unes des idées que Patru se proposoit de développer, et caractérise en quelques lignes fort bien pensées, et le genre de talent de Patru comme écrivain, et les qualités requises chez le véritable orateur. « Je me laisse emporter, ajoute Maucroix, au plaisir que j'ai de vous entretenir, mon cher Père; je ne prends pas garde que j'écris à un homme (jui fait des leçons publiques d'éloquence dans une célèbre université. »

La troisièmeleltreau Père*** delà Compagnie de Jésus est du 29 avril 1706. Maucroix, âgé de quatrevingt-huit ans, commence à se ressentir sérieusement des infirmités de la vieillesse; toutefois, il semble se ranimer pour donner plus d'éclat à son enseignement. « A quoi pensez-vous, mon cher Père, de me faire souvenir que je marquois, il y a quelques mois, que j'avois fait des réllexions sur l'art de remuer les passions? je n'ai pu depuis ce tempslà vous écrire que des billets de six lignes, je n'ai vécu cet hiver que pour les rhumes et pour la toux. Il semble que tant de misères se réunissent à la fin de la vie pour que nous mourions plus volontiers. Mais comment oserois-je parler d'éloquence,

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