A SYLVIE
Si j'osois te baiser, Sylvie,
Autant que j'en aiirois il'envie,
Je te l)alsei'ois plus de fois
Que d'oiseaux ne cliantent aux bois,
Que de perles n'a la rosée,
Que les hivers n'ont de glaçons,
Que ta mère n'a de soupçons,
Celte ja'iouse si rusée,
Que nous ne saurions abuser!
Et quand je l'aurois tant baisée,
Je voudrois encor te baiser.
ÉP1GRAMME
Tu me dis, mais d'im air si doux :
Mon Dieu, monsieur, arrêtez-vous; Laissez-moi; que voulez-vous faire'.' Je pense que j'entends ma mère!..
1 Poésies choisies, 10(jO, in-12, p. 399.
Mais, dis le vrai, mon beau souci, Chère cause de mou supplice, Quand tu me commandes ainsi, Voudrois-tu que je t'obéisse ?
ÉPIGRAMME
Je suis de tous les amoureux Sans doute le plus malheureux, Parce qu'un point man(iue à ma joie ; Cruel caprice de mon sort, Hélas ! en celle mer faut-il que je me noie Après avoir louché le port!
AUTRE*
Diane, il faut rendre les armes; D'où vient que vous fondez en larmes Dès qu'o'i vous parle d'un époux?
1 l'oésies choisies, 1660, t. v, p. 31-2.
Ce l)ijoii (|ui fait tant d'envie, Par votre foi, voiulriez-voiis Le garder toule voire vie?
xxxyiii
SONNET