‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 128 sur 204 · ODE · texte numérisé non relu

ODE

A M. COMIARÏ.

Coiirarl, quand finiront ces guerres obslinées Qui depuis deux fois dix années Coûlenl tant de pleurs à nos yeux?

Entendrons-nous toujours l'aigre son des trompettes, Et les douces musettes

Sont-elles pour jamais absentes de ces lieux?

Les obscures forêts et les antres humides,

pjur cacher nos bergers timides,

Onî. à peine assez de buissons :

De chardons hérissés nos plaines sont couvertes,

Et nos gr.uiges désertes Attendent vainement le retour des moissons.

De combien de châteaux et de cités superbes A-l-on mis à l'égal des herbes Les murs jusqu'aux astres montés!

Que ie glaive en nos champs a fait de cimcliorcs! Que nos calmes rivières

Ont vu môler do sang à leurs tlols argentés!

DE MAUCnoiX. 61

Vain faiilôme d'honneur, c'est pour loi que l'épée

Sa;is cesse au massacre occupée

A mis tant de guerriers à bas.

C'est pour toi qu'au mépris des plus niortelles armes

Ils volent aux alarmes, Et semblent n'avoir peur que de ne mourir pas.

Étrange aveuglement de la race des hommes!

Pourquoi , malheureux (pie nous .sommes,

Avancer la fin de nos jours?

D'où se forme en nos cœurs celle brutale envie

D'abréger une vie Dont le plus long espace a des termes si courts?

La mort de ses rigueurs ne dispense personne :

L'auguste éclat d'une couronne

Ne peut en exempter les rois :

N'espère pas, Conrart, que ton mérite extrême

Ni la muse qui t'aime Te mettent à couvert de ses fatales lois.

Ta sagesse, il est vrai, fait honneur à notre âge;

iMais de quelque rare avantage

Dont un mortel soit revôîu., Son terme est limité ; le nocher de la paniue

Dans une même barque Passe indifféremment le vice cl li vertu '.

\ Stances trcs-souvent citées.

62 poésiils

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