‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 127 sur 204 · POUR UNE BEAUTÉ MODESTE · texte numérisé non relu

POUR UNE BEAUTÉ MODESTE

Vous êtes trop modeste, et je veux vous contraindre

Vous-même à l'avouer ; Non, non, ne croyez pas qu'il soit besoin de feindre

A qui veut vous louer.

Quand vos rares vertus ne seroienl point connues, Pliilis, l'air dont vous rejetez Les louanges qui vous sont dues, Ne t'eroil-il pas voir que vous les méritez?

1 Mss. Cunrart, t. -2-2, p. 200.

AUTRE*

Vous avez beau me quereller, Sans gronder ne me plus parler, Et ne plaindre jamais ma peine ; Je m'en dépile assez ; mais, quoi !

Toujours votre beauté, Climène, Fait voire paix avecque moi.

ÉPITRE

A M. CASSAISDRE.

Au cher Cassandre notre intime, I sprit afï'olé de la rime, Antipode du cabaret, Ennemi du blanc et clairet ', Ennemi de la douce vie, Mais ami de philosophie,

1 Ce vers manque dans l'édit. Walk.

El ru» de ses plus forls pili'^rs, El visiteur des ateliers.

Brave Cassandre, notre intime, De nouveau j'ai reçu la rime, Écrite, ainsi que je le crois, Le vingt-deuxième du mois ; Au soir elle me fut rendue, Et tout sur-le-champ l'ayant lue, J'en trouvai les vers si plaisants, Que j'en fis part en même temps .\ dame de très haut mérite El de piété non peliie, Oui laissa, pour voir ton écrit, Son chapelet à demi dit.

Sur ce point ne sois incrédule ; Ceci soit dit par préambule.

Mainlenanl, pour venir au l'ail,

Sache que je suis salisfiïil,

AIoii très aimé Monsieur Cas^audre,

Du soin que lu daigne, bien prendre

De m'écrire ordinairement

Quel est Ion divcrli-isemcnt.

Or, ami, puisque tes délices

Sont à voir liâiir édidccs,

Qiic piii>S!* Paris ton! ciilier

Devenir un srand atelier !

Piiisse-ton ne voir par les mes Que promener engins et gtiics!

Qu'il se fasse en chaque quarlier Un profond étang de mortier ; Et que de mort soit juge digne Qui ne bâtit en droite ligne !

En échange de tes nouvelles, Qui ne sont que des bagatelles, Je l'envoie par rareté Des nouvelles de piété.

Sujet (ligne d'un plus haut style.

On voit à un dans celle ville, Le corps entier de saint Rémi, Qui de, Dieu fut si bon ami.

Chacun le voit, chacun i'admire. D'aise à l'culour chacun respire; El n'est si méchant à le voir, Quinesenleun peu s'émouvoir.

Moi-même, par ma conscience, Je suis meilleur lorsque j'y peuie.

On voit encor ses bras nerveux.

Il a jambes, tète et cheveux, El ne lui faut, par sainte Barbe, Pas un petit poil de sa barbe, Quoique ni;ii!if siècle soit [lassé, Depuis l'an ([u'il est trépassé.

Ce fut cet illustre saint même

Qui jadis donna le baptême

A Clovis le méchant païen,

Oui depuis fut si bon chrétien.

Sa tombe est encor révérée,

Et de miracles honorée :

Mais de miracles avérés.

C'est l'espoir des champs altérés;

Car l'été quand point d'eau ne tombe,

On s'en va prier sur sa tombe,

El l'eau céleste en même temps

Descend à grands flots sur les champs.

Voilà dans Reims, où je demeure,

Ce dont chacun parle à cette heure.

Il est vrai que d'hier il court

De paix d'Allemagne un bruil sourd,

De qui l'agréable nouvelle

' ient bien nos bourgeois en cervelle.

Nous saurons bientôt ce que c'est ;

Cependant je suis ton valet.

ÉPIGRAMMi:.

POUR IJNK FILLE Qll rLELT.A QUAND ON LLl DIT qu'elle ÉTOIT ACCORDÉE.

Diane à quoi servent ces larmes

Où vos beaux yeux caciienl leurs clianites? De vos heureux deslins le ciel n'est point ja'oux, El ce que vous pleurez, et qui l'ail laul d'envie,

En bonne foi voudriez vous

Ee aariicr toute votre vie?

ÉFIGRAMME*.

Vieux débauché, lu le maries, El ta femme est des plus jolies; Tu ferois mieux, eu bonne foi, De preiidre en main les palciiolrcs;^ Mais lu veux qu'on fasse pour loi Ce que lu lis jadis pour d'aulres.

QUATRAIN*

.l'ai lui poiir calmer le-; cmmis Que 1 amour caisse dans mon âme.

Mais le vin n'éleiiil )i;is nia llamme, J'aime, loiil ivre tim^ je suis.

Vlij

ÉPIGRAMMi'/.

Il aiuie à chas^^r à grand bruit, l.e uomitre seul le réjouil, il a le }j;oul si dcleslabîe, Qu'il croil, lanl il a peu de sens !

Que cinq sols valent mieux à laiilc Que quatre fort honnêtes gens.

ÉPIGRAMME*

Autrefois j'aimois Isabelle, Mainleiianl je n'ai i)lus jiour elle.

Ni (reslime ni d'amilic ; La raison est qu'on dit à Rome, Que la moitié d'un vilain homme, Est une vilaine moitié.

Page 1