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SA VIE ET SES OUVRAGES. XXXVII

la première partie des Fables choisies mises en vers. C'est donc antérieurement à ces dates qu'il faudroit placer les essais pindariqiies de l'ami de Maucroix. Or, les petits manuscrits du chanoine Favart, auxquels nous devons tant de curieux renseignements, nous ont conservé plusieurs binettes de M. de I.a Fontaine, qui datent des premiers temps de sa carrière poélicpie, et (|ui ont échappé jusqu'ici à tonte publicité. Voici notamment les premiers vers d'un couplet dont on ne peut contester l'authenticité : le titre en donne la date précise.

CHANSON

Par M. de La Fontaine,

Peu (le joui-s avant ses noces 'IBiSt.

Monsieur de La Fontaine, Caressant un soir Mimi, Disoit* Vos fièvres quarlaines!...

Le reste, que nous nous abstenons de reproduire, n'a assurément rien de pindarique.

Ceci et quelques autres couplets du même genre que nous avons retrouvés de la première jeunesse de La Fontaine, est pour démontrer que répondant au courant d'idées du jour et aux habitudes poétiques de son ami Maucroix, La Fontaine s'appliqua dès l'abord non point à une imitation servile de Malherbe qu'il admiroit efFectivement, mais bien plutôt aux compositions légères et même gaillardes telles qu'on en retrouve tant dans les recueils de

XXXVHI MAUCROIX.

cette époque du grave Conrarl, du chanoine Favart et d'autres curieux.

Après quelques semaines passées à se distraire chez son cher ami La Fontaine, Maucroix, encore tout éclopé de sa mésaventure amoureuse, gagna Paris. Ses amis le reçurent à bras ouverts et résolurent de l'enlever à ses souvenirs de Champagne. Tallemant nous assure que Maucroix n'eut pas à lutter longtemps pour se créer d'agréables diversions.

Quoi qu'en dise l'auteur des Historielles, Maucroix ne se réengagea pas sans jeter un regard mélancolique sur ses peines passées. Le souvenir d'Henriette le suivoit en tous lieux. On le mil en présence de jeunes beautés qui se disputèrent l'honneur de lui l'aire oublier mademoiselle de Joyeuse. Maucroix, blessé dans ses afi'ections, froissé dans son amour-propre, résista. Cette épigramme peint merveilleusement l'état de son âme :

■le n'engage ma liberté

Qu'à des filles de qualité.

Ta beauté, l^hilis, est extrême,

Chacun se rangesous tes lois:

Mais comment veux-lu que je l'aime?

Ton père n'éloit qu'un bourgeois!

«Cependant, nous dit Tallemant, il devint amoureux d'une jolie lille, et l'ainé»» de celle lille devint amoureuse de lui. Il n'aimoii (jue la cadette, et éloit aimé de l'une et de l'autre. » Voyez comme noire cojileur est au courant de tout.

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