XXXVI MAUCROIX
de plus, dans la vie d'un homme à qui l'on en a tant attribué. Maucroix, poète élégiaque el hadin, beau diseur, lecteur émérite, devoit s'entendre à stimuler une nature du genre de celle de La Fontaine. Nous savons, par ce qui précède, quels étoient, à celle époque, les passe-temps poétiques de Maucroix, el nous verrons à quelle phase de sa vie se manifesta chez lui le goût des graves auteurs de l'antiquité. Comment, à l'âge de vingt-quatre ans, Maucroix auroit-il inspiré des tendances qu'il n'avoit certes pas encore? Livré à toutes les séductions, à tous les entraînements d'une vie qu'agitent l'amour el les passions, Maucroix réservoit à l'âge mûr le retour aux études sérieuses, qu'il avoit ébauchées sur les bancs du collège. Si donc nous sommes édifiés sur la question d'influence, il ne nous est pas permis de nous méprendre sur la direction que l'un reçut de l'autre. Qu'une ode de Malherbe bien lue ait inspiré à La Fontaine un goût prononcé pour l'auteur, nous le voulons bien : mais qu'elle l'ait exclusivement poussé vers le genre pindarique, c'est ce que nous relusons d'admettre, el ce que les premiers essais du fabuliste sont loin de justifier,
La bibliographie ne nous apprend rien qui nous oblige à une autre opinion. Nous venons de dire que le premier ouvrage imprimé de La Fontaine est celte Iraduclion de r£w/iw(/Mc deTérence, quin'a rien de Piiularc, ni de Malherbe, cl qui ne parut qu'en 1654. En 1665 fut édité le premier volume des Contes et Nouvelles, et en 1668 seulement,