‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 146 sur 204 · DE L'EMPEREUR ET AUTRES · texte numérisé non relu

DE L'EMPEREUR ET AUTRES

Aux jours gras UiaO.

Le sieur Yite-cn-greigue, opérateur ordinaire des pays bas et lieux circonvoisins ,

Donne d'une essence merveilleuse pour guérir les filles des pâles couleurs, et d'une liqueur souveraine pour les femmes qui désirent des enfants ; il a aussi d'une branche de corail qui jusqu'à présent n'a point été vue, qui est d'un effet admirable pour adoucir la démangeaison des gencives; il donne de plus d'un bol astringent qui a cette vertu de remettre l'honneur à toute sorte de personnes! L'essai n'en coûte rien à ceux et celles qui prendront la peine d'aller chez lui : il demeure à la rue de Trousse-Cote, à l'en-

seigne desBons-Garçons^ àla 5' chambre, le lieu est fort secret...

Ces messieurs les masques donnoient de ces billets aux dames, avec les vers suivants :

CEJLSSOy NOUVELLE ET RÉCRÉATIVE Sur le chant : Si je t'en donne prends-en.

Ma chère mère.

Ecoutez mes clameurs, Soulagez ma misère, Je sens de grandes douleurs !

N'ai-je pas assez d'âge Pour me mettre eu ménage ?

C'est tout abus.

Je n'en puis plus, Je veux goûter à ce jus.

Comment? ma fille, Etes-vous hors du sens?

Vous êtes imbécile !

Vous n'avez que quinze ans.

Ne soyez pas si folle De tenir ces paroles.

Ne songez pas

A ce tracas, n a trop d'embarras.

Hélas ! ma mère, Vous avez vos désirs, Vous baisez bien mon père, Vous prenez vos plaisirs.

N'ai-je pas assez d'âge Pour me mettre en ménage?

C'est tout abus,

Je n'en puis plus, Je veux goûter à ce jus.

Le Vendeur de chansons aux Dames

Beau sexe, amateur des chansons, Peut-être autant que des garçons.

En voulez-vous des plus nouvelles?

Je vous en fournirai de belles, J'en ai fait de toute façon Sans avoir suivi la leçon Des savans maîtres de musique, De laquelle je ne me pique :

Car je n'entends aucunement B. mol, B. quart, ni tablature, Je vous le dis tout franchement.

Ce que j'en fais, c'est par nature K

1 Cette facétie s'est trouvée dans le manuscrit de Reims, mais nous doutons qu'elle soit de Maucroix : ce n'est guère là son style.

ÉPIGRAMME

Jean el Paul, ayant fait ripaille, Voulurent tenter le hasard, Et tirer à la courle-paille, Lequel des deux étoit cornard.

Jean tire el prend la plus petite; De quoi paroissant tout fâché, Il se débat, peste et s'irrite, Et dit que Paul l'avoit triché ; Sa femme, qui n'aime querelle, Voyant son mari tout en feu :

Ne disputez point, lui dit-elle, Mon cœur, vous l'êtes de bon jen

i Imprimée daiis le recueil de Poésies choisies en ICGO, in-12, t. II, p. 7.

AUTRE*

Volonliers, disoil Alizon, Je ferois avec vous la folle, Mais le confesseur medésole, Il n'entend rime ni raison.

Alizon parle avec sagesse :

Gens de Reims, amasseurs d'écus, Si l'on n'alloil point à confesse, Ma foi, vous seriez tous cocus !

XXIIt

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