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POUR LA COMTESSE DE LIIÉRY

DÉGUISÉE EN RETHELOISE.

Celte Retheloise mignonne A bien quelque postérité, Mais toutefois le temps, qui n'épargne personne, A du respect pour sa beauté ;

Les plus jeunes, les plus gentilles, N'ont point de plus jeunes appas, Et qui ne la connoilroit pas, •

Sans doute la prendroit pour une de ses filles.

Les vicomte et marquis de Lhéry étaient des Cauchon , capitaines et lieutenants de Reims depuis le ive siècle ; Charles Cauchon, baron de Terneuf, capitaine de Reims, mort en 1G74; François Cauchon, vicomte de Lhéry, son neveu, de 1674 à 1700; Louis-François Cauchon, marquis de Lhéry (ne s'est pas fait recevoir) ; Henri Cauchon, marquis de Sommièvre, de 1751 à 177i. — Au temps de Maucroix, le chef de cette famille étoit Charles Cauchon de Maupas, Ixuoii du Thour, père de M'»e de Joyeuse.

ÉPIGRAMME'

Quand Paul est chez vous, Sigismonde, On voit deux miracles divers :

La plus belle fille du monde.

Et le plus sot faiseur de vers.

1 Imprimée dans le recueil de Poésies choisies, 1600, in-12, t. V, p. 312.

DE MAUCEOIX. 125

AUTRE»

11 est vrai que mes vers n'eurent jamais d'appas,

Qu'on pourroit, sans me faire outrage, Les mettre tous au rang des derniers de notre âge; Mais il faudroit, Martin, que lu n'en fisses pas.

AUTRES

Pour m'en prier si tu crois que je t'aime, Lise, ton erreur est extrême :

Je n'ai pas trop de cruauté, Mais, que veux-tu que je die ?

Amour est un enfant gâté ; Il en fait moins plus on le prie.

1 Imp. Poésies choisies, ICGO, in-12, t. I, p. 42. C'est une imitation de cette épigramme de Martial ;

AD VELOCEM.

Sci'ibere me qiiei'eris, velox, epigrammata lonya. Ipse nihil scribis ; tu breviora facis .

i Imp. Poésies choisies, 1600, in-12, p. 393.

AUTRE*

Javotte, l'on dit que Maucroi Est à toute heure auprès de loi; Cependant, belle qu'il adore, N'est-ce pas bien pour enrager, Qu'il n'ait pu s'y trouver encore Quand sonne l'heure du berger?

AUTRES

Lise est petite, vieille et loache, Lise n'a que trois dents en bouche, Je crois que Lise est toute d'os; Mais au reste Lise est si forte Que soir et malin elle pwte Une montagne sur le dos;

1 Inip. Poésies choisies, IGCO, in-12, t. V, p. 510.

2 Imp. Poésies choisies, 1060, in-12, t. V, p. 599.

En cet état elle se prise, Et pense m'avoir enchanté.

Que je puisse mourir si Lise N'a moins d'esprit que de beauté.

A IRIS i.

A quoi sert de se tant défendre,

Puisqn'aussi bien il faut céder ?

ïu ferois mieux de laisser prendre Ce que tous tes efforts ne sauroient plus garder.

Ce Oui que ton amant désire Est-ce un mot, jeune Iris, qui coûte tant à dire?

Ali ! si tu savois quelle joie

On goûte en de chastes amours !

Tous les jours sont filés de soie, Et les nuits sont cent fois plus belles que les jours ;

Douces nuits, qui jamais encore N'ont fait voir sans regret le retour de l'aurore !

I Poésies choisies, recueil de Sercy, 1600, in-12, p. 515.

Quille celte humeur obsliaée;

Désormais c'esl trop attendu ;

Ne fais plus languir liyniénée, Et facile à regagner le temps qui s'est perdu.

La saison qui d'aimer convie Ne dure pas, Iris, loul le cours de la vie.

Penses-lu donc que ta jeunesse

Verra deux fois trente moissons.

Et que l'hiver de la vieillesse N'aura jamais pour toi ni neiges ni glaçons?

Non, non, du sort les lois fatales Ne se révoquent point, et pour tous sont égales.

Le temps qui détruit toutes choses

Et qui s'enfuit d'un vol si prompt,

Un jour fera sécher les roses Qui si pompeusement fleurissent sur ton front;

Tu vieilliras, et tes années N'iront point de leur soir devers leurs matinées.

Mainlenanl donc que ton jeune âge

T'offre des plaisirs infinis,

Ne relarde pas davantage La gloire et le bonheur du fidèle Daphnis,

Lui dont les larmes excessives Ont fait monter la Marne au-dessus de ses rives.

Écho qui ne sauroit se taire,

Garde infidèle des secrets,

Au fond de ce val solitaire A redit mille fois ses amoureux regrets ;

Et les rochers les oyant dire, Cessant d'être rochers, ont pleuré son martire.

Ainsi, d'une amitié sincère,

Alcidon tàchoit en ses vers

De fléchir la nymphe sévère Qui tient son cher Daphnis esclave dans ses fers.

Il la fléchit, et cette belle Perdit lors pour Daphnis le titre de cruelle.

A PAPETTE*,

SUR DE l'essence DE FLEUR d'oRANGE.

Douce fleur d'orange, Inspire au bel ange Dont je suis la loi Quelque douceur pour moi.

ÉPIGRAMME'

La belle qui cause nos pleurs Est morte des pâles couleurs, Au plus bel âge de sa vie.

Pauvre fdle ! que je le plaius De mourir d'une maladie Dont il est tant de médecins!

1 Imprimée dans le Menagiana, édition 1715, t. III, p. Ii7 : il y est dit que cette épigramme étoit un couplet qu'on chaiitoit populairement en 1GG3; elle est aussi dans les Annales jjoétiques et dans beaucoup d'autres recueils.

« Chacun, comme l'on sait, a la couleur particulière qu'il affectionne plus qu'une autre : l'un prend le rouge, l'autre le jaune; chacun aussi a son aversion pour quelque couleur. Une jeune demoiselle, interrogée quelle couleur elle haïssait le plus? « Les pâles couleurs, réponflit-ello. » A propos de quoi je remarquerai que ce joli couplet tant chanté en 1663 :

La fille qui cause nos pleurs.. .

est de feu sieur François Maucroix, alors avocat à Paris, et depuis chanoine îi Heims, où il mourut Agé de quatre-vingt-dix ans, le 19 d'avril 1708. » {.Menagiana, p. 147.)

POUR PAPETTE*.

Jeune beauté toute parfaite, Chacun dit, voiant vos appas :

Bien licureux, charmante Papette, CeUii que vous ferez papa !

POUR LA MÊME*

Qu'elle a le visage poupin !

Ma foi je crois qu'une guigui Toute aussi droite qu'un sapin Seroit bien le fait de Piuguis !

Pour moi je prendrai de l'orpin Car depuis six mois je languis Sans pouvoir gagner un lopin Du cœur de la belle Pinguis,

POUR PAPETTE*.

Au sacré badinage Philis se va ranger :

Moi je vais enrager, A vivre davantage Je ne veux plus songer.

Au sacré badinage Philis se va ranger.

MADRIGAL*

La morl est moins cruelle Que les maux que je sens; Vous qui charmez mes sens, Que pour vous trouver belle, Je passe mal mon temps !

Mes jours sont languissans, La morl est moins cruelle Qde les maux que je sens.

AUTRE*

Pinguis, cel objet plein d'appas,

Me préfère le grand Colas,

A cause de sa bonne table :

La belle l'appelle son cher.

Et croit qu'ini homme est bien aimable,

Quand il donne bien à mâcher.

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