SA VIE ET SES OUVRAGES. XLIX
que son ami lui donne de Paris par des nou> elles intéressant Reims el ses environs : celles de Paris auxquelles Maucroix fait allusion paraitroient d'hier tant l'état actuel de notre pauvre capitale ressemble à ce qu'il étoit en 1647 :
Or, ami, puisque tes délices Sont à voir bâtir édifices, Que puisse Paris tout entier Devenir un grand atelier!
Puisse-t-on ne voir par les rues Que promener engins el grues ; Qu'il se fasse en cliaque quartier Un profond élang de mortier, El que de mort soil jugé digne Qui ne bàtil en droite ligne!
Ce qui suit esl indiqué par l'historien de la ville de Reims, dom Marlol, dans un style à la vérité tout différent ' :
En échange de tes nouvelles,
Qui ne sont que des bagatelles,
Je t'envoie par rareté
Des nouvelles de piété,
Sujet digne d'un plus haut style!
On voit à nu dans cette ville, Le corps entier de Saint-Rémi Qui de Dieu fut si bon ami.
Chacun le voil, chacun l'admire, D'aise à lentour chacun respire,
1 Marlot français, t. iv, p. 573.
El n'est A méchant, à le voir, Qui ne suite un peu s'émouvoir.
Moi-m^tne, par ma conscience, Je suis meilleur, lorsque j'y pense !
Oii voitencor ses bras nerveux, Il ajambfi, tèle el cheveux, E( ne lui laut, par Sainte-Barbe !
f^n seul jHMil poil de sa barbe, Ouoique maint siècle soit passé Depuis Tau qu'il est trépassé!
Ce fnt cet illustre saint mOme
Oui jadis donna le baptt^mr
A Clovis, le méchant païen.
Qui depuis fut si bon chrélien.
Sa tombe est encor révérée
El de miracles honorée,
Maiii de miracles avérés.
C'est l'espoir des champs altérés,
Car l'été, quand point d'eau ne tombe,
On s'en va prier sur sa tombe,
Et l'eau céleste en même temps
Descend h grands flots sur les champs.
Dans ce badiiiage légèrement irréligieux, on ne devineroit ni ramant qui vient de perdre une maitresse adorée, ni l'homme à qui le désespoir ou le dépit, moins de trois mois aprè^, fera prendre le costume el i'élal de chanoine de Notre-Dame. Ce qui suit achève de nous édifier sur la date de l'épilre.
Voilà dans Keims où je demeure, Dont on parie plus à cette heure, 11 esl vrai que d'iiier il court De paix d Allemagne un bruil sourd,