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SA VIE ET ?ES OUVRAGES. XI.VII

le croire. Les poètes poussent tout à l'extrême : je ne sache pas que la belle Angélique ait rendu furieux le paladin Roland autre part que dans l'Arioste, et il n'est pas hieu certain que cette Laure immortalisée par les pleurs et les vers de Pélrarqiie ait même existé. Nous avons déjà vu Maucroix, au premier échec qu'éprouva son amour, courir à Paris et trouver assez vite des distractions à son prétendu désespoir. Cette résignation philosophique n'abandonna jamais enlièremenl notre poète. C'est le jour sous le<|uel il nous apparoit dans ses vers comme dans sa prose, et je m* pense pas que sa vie ni sa raison aient en aucun temps couru risque à propos de ses déconvenues amoureuses. Malgré donc la couleur dramatique que ceci pourroit jeter sur l'histoire de notre poëte, je n'admets point avec 31. Walckeiiaer que ce soit à des désespoirs de cœur qu'il faille attribuer certaines grandes résolutions qui signalèrent la vie de Maucroix, et notamment le parti ((u'il prit de se faire homme d'Eglise. Les vers échappés en celte circon<itanceà sa verve poétique ne sont pas tous empreints d'une si vive mélancolie, témoin ce sixain un peu cru :

Autrefois, j'aimois Isabelle, Mainlenanl je n'ai plus pour elle Ni d'estime, nid'amilié.

La raison est qu'on dit à Rome Que la moitié d un vilain liomiue Est une vilaine moitié.

XLVJIl MAUCBOIX.

Au surplus, précisons les faits : d'après mes recherches, je me suis assuré que Henrielte-Charlofte de Joyeuse épousa Adrieu-Pierre de Tiercelin, marquis de Brosses, le 24 juin 1646, et que iMaucroix fut créé chanoine de Reims le 8 avril 1641, c'est-à-dire dix mois seulement après cet événement. La distance de ces deux laits ne sauroit rien préjuger dans la question II est certain que l'abandon qu'avoit fait de lui mademoiselle de, loycuse dut lui faire paroître moins grand le sacrifice de sa liberté; seulement n'oublions pas avec ([uelle légèreté les hommes du monde, peu choyés de la forlune, prenoient autrefois le parti de l'Église. La plupart du temps l'amour de Dieu n'étoit pour rien dans les déterminations. On se faisoit abbé, comme de nos jours on se fait avocat, sans vocation ni be soin de la retraite, mais pour avoir un titre, un état. Puis, dans l'intervalle du mariage de Henriette et de la prise de possession de Maucroix, un peu avant, comme un peu après, dans quelles occiipations d'esprit l'auteur nous apparoîl-il? Nous le voyons précisément à celte époque en plein et joyeux commerce avec quelques-uns de ses amis de Paris.

Nous trotivon': notamment dans ses poésies une épître qui me paroîl avoir été écrite versée temps, c'est à-dire entre la date du mariage de mademoiselle de Joyeuse et la date de sa réception au chapitre de Reims. C'est la première desépîtres à Cassandre, que M. Walckenaer supposeà tort avoir été écrite vers 1637. L'auteur y répond aux nouvelles

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