‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 186 sur 204 · EXCUSE DE GROU A SA CHERE · texte numérisé non relu

EXCUSE DE GROU A SA CHERE

Ne vous offensez point, adorable Isménie, De ce que l'on présume écrire en ma faveur ; On connoil trop l'excès de votre tyrannie, Pour croire que ma flamme ait eu quelque bonheur. Ces vers à mon avis ne sont pas sans mystère, Lorsqu'ils peignent mon sort si charmant et si doux ; Ils vous marquent le bien que vous me deviez faire, Comme si je l'avois déjà reçu de vous.

Un auteur se figure, en vous voyant si belle, Que la tendresse loge avecque tant d'appas; Mais s'il en avoit fait une épreuve fulelle, Je suis trop convaincu qu'il ne le diroit pas. Vous n'avez eu du ciel tant d'attraits en partage Que pour tuer les gens (jui vous ofï'rent leurs vœux. L'on court en vain vous rendre un éternel hommage, Ce n'est pas le chemin pour devenir heureux.

Pour avoir seulement conçu celle pensée, Quelles peines, hélas ! m'a t-il falhi souffrir! J'ai vu de cent chagrins mon Ame traversée N'oser parler du mal ([ui me faisoit mourir.

Loin de vous expliquer l'élat de mon martyre,

Je m'éloignai toujours de vous le faire voir,

Et si mes tristes yeux n'avoient pu vous le dire,

Croyez-moi, vous seriez encore à le savoir.

Dans leurs plus rudes coups instruit à me contraindre,

Je sus à mes amis tenir mes maux secrets,

Et même dans les bois je ne m'en osois plaindre,

De crainte d'y trouver des échos indiscrets.

Ne m'accusez donc plus d'avoir part à ces fables

Qu'une muse inconnue étale à mon insu.

Qui peut dissimuler ses tourments véritables

Peut bien taire l'honneur qu'il n'a jamais reçn.

ÉPIGRAMME

Aimable et charmante Montfort, Dont les beaux yeux plaisent si fort, El qui font au cœur mille brèches.

Vos bonnes nuits vont commencer, Et l'Amour s'en va vous percer De la plus douce de ses flèches.

QUATRAIN*

Belle dont mon cœur est bêché, Je ferois volontiers certaine peccadille, Si tii voulois, cliarmantefiUe, Porter la moitié du péché.

ÉPIGRAMME*

Mon aimable Iris, il est temps De lui donner la clef des champs.

Un oiseau si volage, Eh bien! Se lasse d'être en cage, Vous m'entendez bien

CHANSON

Pauvre oiseau, que tu fais de tours, Pour avoir bieu de les amours !

Ta colonibelle

Fait la rebelle El ne veut point s'apparier;

Toutes femelles

Font les cruelles Et se veulent faire prier.

AUTRE *

Enfin, monsieur Dubois {bis), Vous voilà receveur, Grâce à monsieur D...

Pour la troisième fois !

Enfin, monsieur Dubois, Soyez moins voyageur Que la dernière fois, Monsieur Dubois.

AIR*

Vous vous plaignez qu'Iris est trop sévère,

Que jamais elle n'aimera ; Aimez-la tendrement, prenez soin de lui plaire,

Amour vous aidera,

Laissez-le faire.

ÉPIGRAMME

Je sais qu'avec toute franchise Je pourrois en parler à Lise ; Mais je n'ose m'y liasarder, Car elle est laide, et j'appréhende, Si je lui fais celte demande, Qu'elle n'aille me l'accorder.

DE MALCROIX. 239

DIALOGUE

TIRCIS

On joue au joli jeu d'amour Plus souvent la nuit que le jour.

Jamais femme n'en fut lassée.

IRIS

Y fait-on bien de la façon?

TIRCIS

Sufût d'y prendre une leçon, Pour être maîtresse passée.

ÉPIGRAMME

En vain par un amour fidelle

Tu penses vaincre la cruelle

Dont les beaux yeux t ont su charmer

Pour obtenir ce pucelage,

Ce n'est pas assez que d'aimer ;

Il faut risquer le cocuage.

ÉPIGRAMME

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