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SA VIE ET SES 01 VRAGES. LUI

Puis vient l'histoire du Meunier, son Fils et fAne, après quoi le sensé conseiller ajoute res vers, qui sont dans ioiiles les mémoires :

Quant avons, suivez Mar>, ou l'amour, ou le prince, Allez, venez, rouiez, demeurez en province, Prenez femme, abbayr, f^mploi, gou^ernemenl, Les gens en parleront, n'en doutez nullement.

Maucroix n'Iiésila plus, et dès ce moment se tourna vers l'Église, f'ne fois dans celte voie, il obtint de son père une avance d'hoirie au moyen de laquelle il put acquérir la première prébende vacante dans la cathédrale de Reims. Selon de Weyen cl Richelet. ce fut, jc-le répèle, le 3 avril 1017 que Maucroix fut pourvu du titre, par la résignalion d'André Buridan '.

D'après tout ce que je viens de dire, on peut, sans témérité, supposer que le désespoir, le repenlir et la vocation n'eurent qu'une part médiocre à la nouvelle détermination df ^Jancroix. A celte époque le titre de chanoine n'impliqnoit point, pour ceux qui le porloient , la nécessité d'une vie de retraite et d'abnégation. Sans doute se trouvoienl dans celle classe d'ecclésiasli(jues des hom-

I Anclr(^ Burignan jouissoit de la 70e prébende et occupoit au chœur de Notre-Dame la 33e slalle du roté gauche. Maurroix, qui lui succéd.i, e^t ainsi désigné dans le ms. de Seb. nen. Le Comte, nyant |)Our titre : Séries pi-cbendantm Eccles. metrop. remensis : Kii". < Franciscus Maucroix. No- .'■ viod. 8aprilis : Vir scientificus et autor ingeniosus et eru-

ditus. CapiUiUim constituit haeredem bonorum suorum.

Obiir Reims, 1708, aetat. 88. »

mes dune foi vive, d'une piélé sincère et d'nne vie tout à fait irréprochable. Mais cette austérité qui , à Keims , au xviie siècle , éloit le partage des La Salle, des Rolland, des Gallon, senibloit n'engager en rien l'indépendance et les scrupules de quelques autres, livrés, malgré leur titre, à toutes les séductions de la vie mondaine : et la société, qui gardoil des flétrissures pour l'inconduite des prêtres ayant charge d'âmes, ne se s( andalisoil en aucune sorte des mœurs faciles de chanoines qui , bien souvent, n'étoient que simples prébendiers, et n'avoienl pas même recules ordres.

il est certain que pour IMaucroix, ce que le litre de chanoine de l'église de Reims eut de plus positif, c'est l'assurance qu'il lui donnoil d'une existence honnête et d'une position sociale, comme nous dirions aujom'd'hui. rt^iU-élre même ne médirions-nous pas eii supposant (|ue l'idée de revoir Henriette et de retrouver un jour près d'elle

Del amour sans scandale, et du plaisir sans peur,

ne fut point tout à fait étrangère à son changement d'étal.

Quoi qu'il en soit des motifs de notre poète, son parti fut d'autant plus vile pris, que pour lui l^ changement d'état ne devoit point apporter une t.oîahle difï'érence dans ses habitudes et dans sa façon d'être. Simple prébendier, notre homme fiU longtemps avant de prendre au sérieux sa nouvelle condition. Aussi sa vie resla-t-elle ce qu'elle

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