‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 38 sur 204 · SA VIE ET SES OUVRAGES. XCVII · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. XCVII

nomme un coteau fameux, si cher aux gourmets de tous les pays; puis Tircis ajoute :

Mais quelle est celle ville, à mes yeux inconnue, Où cent clochers hautains s'élèvent dans la nue?

DAMOX.

C'est l'illustre cité du sacre de nos rois, Reims, la gloire et l'honneur du climat champenois. Vois-tu ce temple saint dont la superbe masse Dans le milieu des airs occupe tant d'espace? Considère ces tours dont l'ouvrage mignard Semble de l'architecle avoir épuise Fart. Qui le croiroit, Tircis ? Ce délicat ouvrage De cinq siècles entiers a surmonté l'outrage. Là, jamais les mortels n'implorèrent en vain De la reine du ciel le pouvoir souverain. Là, cent prêtres sacrés, imitateurs des anges, Du Très-Haut nuit etjour célèbrent les louanges. Dans ce temple fameux, l'invincible Louis Rendit de son éclat tous les yeux éblouis, Quand, par la sainte main d'un prélat vénérable, Il reçut l'onction du baume inépuisable, Baume venu des cieux, dans l'ampoule enfermé, Qui jamais par les ans ne sera consumé.

TIRCIS

De ce sacre, Damon, vis-tu donc la merveille ?

BAMON.

Oui, je vis celte pompe à nulle autre pareille. Le temple étoit orné de superbes tapis, Les draps d'or et de soie alloienl jusqu'aux lambris. Là, tout ce que la France a d'illustre jeunesse De ses pompeux babils déploya la richesse. Quoiqu'on vît mille objets briller de toutes parts» Pour moi sur Louis seul j'allachois mes regards.

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