SA VIE ET SES OUVRAGES. CV
semblent à son adresse. Maucroix, au commencement de cette dernière, lui parle de l'austérité de ses règles, ce qui tend à prouver que cette Bérénice étoit une personne cloîtrée. Au surplus, ces lettres ne sont pas datées, et n'oiîrent qu'un badinage spirituel et tout à fait dans le style précieux que S' oiture avoit mis à la mode, à l'hôtel Rambouillet. — A défaut d'autres documents précis, j'aime mieux en finir avec celte charmante abbesse par ces derniers mots de Tallemant : « Madame de Saint-Etienne a plus l'air de madame de Monlausier que pas une de ses sœurs. Elle est gaie , caressante , bonne et spirituelle , mais non pas tant que madame de Montausier, ni que mademoiselle de Rambouillet. Elle s'est gouvernée de sorte que toutes les religieuses et toute la ville même de Reims l'aiment extrêmement. Comme elle parloit pour venir ici en cette année (1654) pour un procès, elle alla à Saint-Rémi de Reims voir la sainte ampoule. 11 y avoit une presse étrange. « Jésus! dit-elle, quelle foule! ne l'avez-vous jamais vue ! — Ce n'est pas pour la sainte ampoule , dirent-ils , que nous venons : c'est pour madame de Saint-Etienne. »
ARGUMENT.— la Fontaine passe l'hiver de IG06 chez les frères INIaucroix.— Travaux littéraires des deux amis à cette époque.
— Le génie poétique de La Fontaine n'a point été éveillé par les succès de Racine et de Boileau, et ses premiers contes ue lut ont point été inspirés par la duchesse de Bouillon.— Reims, patrie de nombreux et brillants artistes: — Colin,— Ed. Moreau,— Regnesson,— Uobert Kanteuil,— Le peintre Hélart.— Conte des Remois.— Hiver de 1656.— F'étes et mascarades.— Chanson inédite de La Fontaine. — Passe-temps divers.— La Fontaine, en quittant Reims, aliène son patrimoine.— Date et occasion de l'épitaphe : Jean s'en alla, etc.
— Anarchie légale du pays de Reims.— Nouvelles excursions des Espagnols. — Montai sous les murs de Reims.— Le marquis d'Olizy. — Combat de la Pompelle. — La Fontaine et l'abbesse de Brabaut.
v>^ 'année 1656, pour les Rémois, doit marviMW fU'cr entre toutes dans la vie de Maucroix : i^^l^^ c'est l'époque d'un long séjour dans leurs murs de notre inmiorlel fabuliste. Coulanges nous apprend qu'il passa l'hiver chez Maucroix, et nous avons en efîet une lettre de La Fontaine, publiée par >I . de Monmerqué, et datée de Reims , de la maison de MM. de Maucroix, ce lundi 14 février 1636. La tradition rémoise a conservé queUiues souve-