SA VIE ET SES OL'VP.AGES. CXIII
en tout genre, vivoil en étroite liaison avec quelques-uns de ceux que je viens de nommer. Le talent d'Hélart, son caractère enjoué, sa vie aventureuse et dissipée, lui avoient vain le commerce cl l'intimité des hommes les mieux posés de l'époque. Maucroix fut son ami : il devint celui de La Fontaine. C'est à cet artiste que les dames de Reims sont redevables de ce llatteur hommage du grand poète :
Il n'est cité que je pr<ifôre à Picims, C'est l'ornement et l'iionneur de la France : Car, sans complcr l'ampoule et les bons vins, Charmants objets y sont en abondance.
Par ce point-là je n'entends, quant à moi. Tours ni porlaux, mais gentilles Galloises; Ayant trouvé telle de nos IWnioises Friande assez pour la bouche d'un Roi.
Une avoit pris un peintre en mariage...
Hélarl n'a point pris place parmi les maîtres du grand siècle, mais les nombreuses toiles qui restent de lui dans les églises et chez les amateurs témoignent d'un incontestable talent. Hélart fut nonseulement le peintre attitré des abbes^es de Saint- Etienne et de Saint -Pierre, il le fut de l'hôtel de ville et des maisons riches du pays de Reims. La belle galerie du château d'Ltoges, domaine de la maison d'Anglure (actuellement propriété de MM. de Monlebello) , atteste encore aujourd'hui la fécondité du pinceau d'Hélart. A l'époque du séjour de La Fontaine à Reims, Hélart, âgé de
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moins de trente ans, avoit déjà sa clientèle. Le poélc au surplus ne surfait point le mérite de notre artiste :
Homme estimé dans sa proression, 11 en vivoit : que faul-il davantage?
C'éloil assez pour sa coudilion.
Ctiacun Irouvoit sa femme fori lioureuse : Le drôle étoit, grâce à certain latent, Très-bon époux, encore meilleur galant '.
Le reste du récit, qui tend à mettre iiors de doute celte brillante faculté de notre artiste, sort trop de notre sujet pour que nous poussions plus loin la citation.
Malgré les affaires politiques qui n'avoient rien de rassurant, car la Champagne étoit à la veille d'une nouvelle invasion , l'iiiver de 1656 fut des plus gais, au dire des liistoriens contemporains. « La cour, écrit Mademoiselle dans ses Mémoires, se divertissoit à des bals, des comédies et ballets.» Non-seulement le jeune roi, qui aimoit le plaisir, donnoit des fêtes etacceptoit celles qui lui éloient oflertes; mais, comme il avoit infiniment de grâces à danser, il dansoit et figuroit dans les ballets. Ce
1 Nous avons donné dans [c Livret du Musée de Reims, ISl'J, in-12, de plus amples renseignements sur Hélart, ses œuvres et surlagalcrie d'Etoges ; M. Max. Sutaino adcpuis publié une intéressante notice sur le même sujet, et ceui qui voudront avoir une idée de la galerie d'Etoges pourront consulter le Mercure galant du mois de se|)lembre 1687, i)ui en contient une curieuse et longue description.