‹ Œuvres diverses; publiéesChapitre 57 sur 204 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CXXVII · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CXXVII

d'Italie. Mais il me faut ici rentrer encore dans le domaine de l'hisloire générale.

Depuis son retour à Paris, la fortune n'avoit cessé de seconder la politique de Mazarin. Cette politique, qu'on a tour à tour et trop dépréciée et trop exaltée, n'eut pas toujours l'intérêt françois pour mobile exclusif. On sait par exemple que les brouilleries de la cour avec le Vatican eurent pour cause principale les vieilles rancunes du cardinal : Mazarin ne pouvoit pardonner à la papauté d'avoir refusé le chapeau à son frère, l'archevêque d'Aix. C'est à ce sentiment étroit, encore plus qu'à sa reconnoissance pour eux , que les Barberins avoient du la haute faveur qui les accueillit à la cour de France. Ce zèle réchauffé pour une famille repoussée par Innocent X alla plus loin que l'intérêt et la dignité de la France ne le vouloient, car il décida Mazarin à porter la guerre jusque dans les États romains, à s'allier directement avec Cromwell, et à refuser asile en France au malheureux Charles H, le petit-fds de Henri IV. Cependant CCS fautes, dont les ressentiments survécurent à leur auteur, furent un instant efTacées par la paix des Pyrénées, qui illumina d'un reflet glorieux les derniers moments de la carrière de Mazarin. On a vu avec quel acharnement cette guerre de la France contre l'Espagne et l'Autriche s'étoit continuée jusque dans ces derniers temps; mais elle avoit épuisé les trois puissances, et la lutte ne pouvoit plus se prolonger sans compro-

CXXVUI MAUCROIX.

mellre l'exislence de chacune des parties belligérantes. La France excédée fit volontiers honnenr à la dii>lomatie de Mazarin de la nécessité où se trouvèrent l'Autriche et l'Espagne de subir nos conditions, et l'on tint compte surtout au ministre, quand il pouvoit asseoir une de ses nièces sur le trône de France, du sacrifice qu'il fil de l'élévation de sa famille à la gloire du prince et à la grandeur du pays. Cette paix, en effet, avec une plus juste pondération des pouvoirs eu Europe, donnoit le repos à la France et Marie-Thérèse à Louis XIV.

Dès le commencement de son pontilkat, Alexandre VII, malgré les justes griefs de son gouvernement, prétendoil se porter médiateur cntie l'Espagne et la France , et voulant s'attribuer l'honneur de la pacification, il avoit demandé à ce que les conférences se tinssent à Rome en sa présence. Mazarin , toujours défiant , les fit indiquer dans l'ile des Faisans, où elles se tinrent effectivement, à l'insu et à l'exclusion d'Alexandre. De pareils procédés ii'étoient pas faits pour guérir de la vieille haine qu'on portoit, à Rome, au Mazarin et à la politique françoise. Le refus que fit le Saint- Père, à quelques mois de là, de s'intéresser à la querelle des Vénitiens contre les Turcs, querelle que Mazarin avoit chaleureusement embrassée, fut nn nouvel indice de cette profonde aversion.

Les choses en étoient là quand Mazarin, à l'apogéedesagioirc,mourutàVincennes, Ie9marsl601.

Il laissoit à la France pacifiée un agrandissemeot

Page 1