SA VIE ET SES OUVRAGES. CXLIX
toine, prit dès ce moment des mesures pour résister aux exigences de son gouvernement. L'un des deux titres de sénéchal étoil vacant : on l'offrit à Maucroix, par celte double raison qu'il étoit avocat j et qu'ayant déjà pratiqué le cardinal à Rome, ilavoit plus que tout autre la connoissance du caractère et des habitudes du prélat. Le sénéchalat étoit moins une dignité dans l'église de Reims qu'un emploi, et un emploi qui pouvoit devenir pénible suivant les circonstances; car c'est au sénéchal qu'entre autres attributions sont confiées la défense des intérêts matériels du Chapitre, la direction des afTaires contentieuses et la charge de représenter le corps devant les difTérentes juridictions. Maucroix , qui jusqu'alors s'étoit soustrait aux dignités, aux titres purement honorifiques, ne put rester sourd à l'appel qu'on faisoit à son dévouement et à son intelligente activité; il se résigna et accepta des fonctions qui alloient pour trois ans lui susciter, avec des tracasseries de tout genre , d'ardentes et nombreuses inimitiés. Le sénéchalat, en vertu de règlements qui avoicnt force de loi, conféroit virtuellement et de fait, à cehii qui en étoit revêtu, le litre de premier conseiller de ville, et lui donnoit par cela même le droit et le devoir d'assister aux délibérations du Buffet et de l'Échevinage. Ce fut le 27 octobre 1667 que Maucroix, adjoint au chanoine Le Large, déjà sénéchal, prit siège à l'hôtel de ville et prêta serment en cette qualité. En voici la mention, qui est assez curieuse quant à la prescription qui l'accompagne : « Au
conseil où présidoit M. le UeiUenant, et où esloient MM. Le Large et de Maiicroix, sénéchaux; Cocquebert-Thierry, Dorigny, Roland, Bachelier, Delasalle, Favart et Lefèvre, le syndic présent, ce jour ledit sieur de Maucroix a preste le serment de fidélité au roi, et à la ville de garder le secret '. »
Maucroix a consigné, dans l'extrait qui nous reste de ses Mémoires, une partie des travaux et des ennuis que lui imposèrent ses fondions de sénéchal : nous réimprimons ces Mémoires - à la suite des lettres de l'auteur, et nous y renvoyons le lecteur, qui y puisera de première main la connoissance des principaux faits de celte partie de la vie et de Maucroix et du pontifical d'Antoine Barberin. On
I Cette prise de possession par Maurroix des fonctions municipales coïncide avec l'époque de la mort d'un célèbre historien de Reims, Guillaume Marlot, moine bénédictin, grand-prieur de saint-Nicaise. A la suite de la prestation de serment de Maucroix, nous trouvons cette conclusion : « Sur ce que le lieutenant a représenté que sur l'avis des religieux et prieur de Saint-Nicaise, que 51. Marlot leur grand-prieur estoit décédé, et davantage avoit l'honneuid'estredu corps de la compagnie, ils désiroient que la compagnie veuille assister au service qu'ils ont intention de faire i)our le repos de son àme et corps, et sont ici présents pour inviter la compagnie. A cet effet, l'affaire mise en délibération, conclu a esté que lesd. sieurs religieux peuvent entrer en la chnmbr(^ pour estre entendus.... Ce fait, a esté conclu que la compagnie se transportera en corps pour assister auxdites piières.... »
-2 J'en ai donné une première édition, tirée à très-petit iiombie, dans le recueil publié par la Société des Bibliophiles de Reims, 1840, pet. in-l2.