Oeuvres dramatiques
Les personnes qui prendront la |>eine de lire cette Préface et les diverses Notices qui précèdent chacune dénies comédies, reconnaîtront d abord que ces morceaux n avaient point été écrits pour être donnés au public. Je les joins cependant, et sans y faire aucune espèce de changement, au recueil de mes ouvrages dramatiques que je me détermine à publier aujourd'hui. C est montrer, sans doute, bien peu d amour-propre que d'imprimer de pareilles causeries , s'il est vrai que lecrivain qui a le plus de confiance en lui-même ne saurait se dissimuler le côté faible de son talent, mais enfin ces Notices expriment mes pensées les plus intimes, et toute j^nsée loyale, un honnête homme a le droit de l'exprimer hautement. D'ailleurs, ces Notices cH>ntiennent I. a
ij AVERTISSEMENT,
des critiques, parfois un peu vives, et je sens qu'il est plus loyal de les mettre au jour, lorsque moi-même je suis encore là pour en répondre.
Le 18-i5*.
* M. de la Ville est mort sans avoir eu la joie de tenir entre SCS mains, ce livre qu*il avait disposé avec tant de goût , d'esprit , de loyauté , de sévérité pour lui-même , d'indulgence pour les autres. Le lecteur verra, d'un coup d'œil, combien l'auteur de tant de pages charmantes était peu coupable du crime de cruauté dont il s'accuse. Au contraire, une fois que vous aurez entendu les justes plaintes de ce galant homme contre les comédiens du Théâtre-Français , qui l'ont traité aussi mal que s'il s'était appelé le Sage et qu'il eût écrit Turcaret, vous retrouverez à chaque page de cette prose nette et vive, la bienveillance d'un espnt iin autant que fier, habitué à tout voir de très-haut, et par conséquent à tout pardonner. — Le sourire, c'était l'arme de M. de la Ville , c'est l'arme de tous les poètes comiques dont la suprême justice est de cor" riger en riant.