‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 115 sur 363 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ALEXANDRE

Venez , contentez mon désir.

Madame ; rendez- vous à mon impatience.

CAMPASPE

Vous avez en ces lieux souhaité ma présence , Et je m'empresse d'obéir.

ALEXANDRE

Obéir ! ah ! ce mot m'offense.

J'aurais voulu qu'en ce séjour, Campaspe , vous fussiez conduite par l'amour, Et non pas par l'obéissance.

CAMPASPE

Mes sentiments vous sont connus.

Seigneur. J'honore vos vertus, J'admire vos exploits, votre âme magnanime;

Je vous révère, vous estime;

Mais, dans l'état où je me voi , Captive et tout entière au chagrin qui m'oppresse,

Ah ! Seigneur, dépend-il de moi

De répondre à votre tendresse?

ALKXANDRF.

Campaspe!...

CAMPASPE

Pardonnez , je ne puis m'en cacher.

Vous le savez , dans ma patrie.

Dans ces forêts de la Scythie, D'où vos soldats sont venus m'arracher,

Nous nous exprimons sans contrainte.

Nous ignorons l'artifice et la feinte ; Jamais un geste, un regard imposteur

Ne fit parler notre silence.

Et chez nous la bouche et le cœur

Furent toujours d'intelligence.

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