‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 135 sur 363 · SCÈNE XV. ia · texte numérisé non relu

SCÈNE XV. ia

Et me (lit qu'oubliant d abord votre colère , Vous pardonnez aux rois que vous avez vaincus.

Ah ! puisque votre âme est si belle ,

Quel espoir ne mVst pas permis !

Non , celui qui pardonne à tous ses ennemis,

Ne voudra pas punir Apclle.

Quand il m ose outrager! quand tout ici m apprend A quel coupable espoir son âme s*est ouverte !

KLDORi:.

Aimer Campaspe , est-ce un crime si grand ?

ALEXANDRE

Malheureux !

KUDORE, te jeUnt d*nâ le« bru d*Apeile.

Ah ! c'est moi qui cause votre perte !

CAMPASPE

Eh bien ! punissez notre amour.

A vous ûéchir je ne dois plus prétendre ; Je le vois trop, la colère en ce jour Commande seule au grand cœur d'Alexandre. Montrez donc à la terre un monarque , un héros ,

Le vainqueur d'Issus et d'Arbclle, Flétrissant ses vertus et ses nobles travaux Par une vengeance cruelle.

Oui, Seigneur, je chéris Apelle ; Ne tardez plus à l'en punir; Mais jamais les lauriers que donne la victoire Ne pourront rendre à votre gloire L'éclat que vous allez ternir.

D'Apelle condamné la funeste mémoire Va s'attacher à votre souvenir.

( Montrant le portrait d'Alexandre. )

Que dis-je?à chaque instant cet immortel ouvrage Rappellera le sort de son auteur; Aux yeux des peuples , d'âge en âge , Il sera votre accusateur. Oui , cette œuvre de son génie Doit le venger de tant de cruauté, Et devenir chez la postérité Un monument de votre barbarie.

APFXLE.

Non, Madame; ces traits transmis par mes pinceaux,

Si l'avenir est équitable, Rappelleront combien je fus coupable

Envers le plus grand des héros.

Partout, en lisant son histoire,

En admirant ses vertus et sa gloire ,

On le plaindra d'avoir été trahi Par celui qu'il daignait appeler son ami.

ALEXANDRE

Funeste amour, voilà donc ton ouvrage!

Tu renverses ma gloire et détruis mon repos ! Et vous , Athéniens , vous de qui le suffrage Etait l'espoir de mon courage , L'unique but de mes travaux.

Que direz- vous, quand des récits nouveaux Vous auront appris qu'Alexandre , Maître des nations , est esclave en sa cour;

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