ACTE I, SCÈHE VU S
DORMEUIL
Votre fiU a raison ; Je blAme voft refus , ils sont hors de saison. Songez donc qiio Saint-Clair traitr des journalistes. Vit avtT des auteurs, frë()uente les artistes; Et vous ne lui donnez, restreignant ses désirs , Que cinq cents francs par mois pour ses menus plaisirs! C'est trop peu.
DrBtlISSOFI.
Qu'il s'arrange.
SAINT-l.LAIR.
Ah ! Taimable soirée !
Du souvenir encor mon âme est enivrée!
On a parlé journaux , théâtre, nouveautés; Plusieurs points importants ont été discutés ; Chaque convive a lu quelqu'un de ses ouvrages ; Mais V alcour u surtout enlevé les suffrages.
ni! BUISSON.
Je le cix>is bien.
SAI.NT-CLAIR
Enfin , cédant à leurs souhaits.
Moi-même à ces messieurs j'ai soumis des couplets.
DtlBUISSON.
Quoi! tu fais des couplets?
SAIRT-CLAIR.
I^e désir de vous plaire....
OUBUISSON.
En vers?
SAINT-CLAIR
Assurément.
DUBUISSON
Quel bonheur pour un père!
Et dis-moi, ces messieurs ont-ils été contents ?
SAINT-CLAIB.
Ils ont tous à Tenvi célébré mes talents;
Ils m'ont trouvé du goût, du trait, et de la grâce ;
Mais tant de compliments....
DORMEUIL
L'éloge t'embarrasse?
Ah ! nul de tes amis n'a voulu te tromper : On a bien de l'esprit quand on donne à souper !
DUBUISSON
Il faut les imprimer.
DORMEUIL
J'attends un exemplaire.
SAINT-CLAIR
Peut-être le public se montrera sévère ?
DUBUISSON
Non , tes vers sont charmants; ne crains aucun échec.
SAINT-CLAIR
Mon père, ce souper m'a vraiment mis à sec.
DUBUISSON
Encor ?
N'en parlons plus, puisque cela vous fâche. A vous plaire je veux travailler sans relâche; C'est le but des efforts quo l'on me voit tenter. Oui, vous serez content. Déjà, sans me flatter. J'ai fait quelques progrès dans la littérature. J'y puis tenir un rang.... Valcour du moins l'assure :