ACTE I, SCÈNE VI. f§l
Mais vous en jugerez ; car avant peu , je croi , Vous verrez au Phénix un article de moi.
ouBiiissoir.
Un article de toi ? se peut-il ?
SAIlfT-CLAIR.
^ Oui, mon père.
DUBUISSON
Un article !
SAINT-CLAIR
Mais oui.
DUBUISSOir.
Vous Tentendez , mon frère ; 11 a fait un article !
DORMEUIL
Eh! tout le monde l'crit.
DU BUISSON
Je vous le disais bien qu'il aurait de Tesprit. Et Valcour?...
II prétend que cet écrit mlionore.
G*est un morceau soigné.
DU BUISSON
Soigné ! voyez encore !
SAINT-CLAIR
Et qui fera du bruit.
DU BUISSON
Oui?
SAINT-CLAIR
Je vous en réponds.
282 LE FOLLICULAIRK,
DUBUISSON
C'est charmant!... Tu dis donc que tu n'es pas eu fonds?
SAINT-CLAIR
Il est vrai ; mais , mon père , excusez ma demande, f Jusqu'à la fin du mois il faudra que j'attende.
DU BUISSON
Unarticle !... Mon fils !... Tiens, voilà cinq cents francs.
SAINT-CLAIR
Ah ! c'est trop de bonté! je crains d'abuser....
DUBUISSON
Prends
Que ton oncle surtout....
nORMEUIL.
Je ne vois rien , mon frère.
Et d'ailleurs, ses talents méritent un salaire. Oui, vous avez grand tort de vous cacher de moi. Récompensez-le bien.
DUBUISSON
Est-il de bonne foi?
Un tel discours....
DORMEUIL
Allons, mon neveu, du courage.
Il faut avec ardeur te remettre à l'ouvrage; Travailler pour la gloire et l'immortalité! Tu n'as ni beaucoup lu, ni beaucoup médité; Qu'importe! le savoir, au fait, est peu de chose; S'instruire est superflu : va, n'apprends rien, compose. L'étude refroidit l'imagination; Le génie est plus fier, libre d'instruction. Auteur et l'édacteur, cède au feu qui t'inspire.