‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 152 sur 363 · ACTE 1, SCÈNE VI. UA · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE VI. UA

Saisissant tour à tour la férule et la l^rrc.

Juge les écrivains, signale leurs défauts.

Puis prétendn au théâtre à des lauriers nouveaux ;

Excite les transports de la foule enivrée;

Obtiens Tinsigne honneur d'amuser la livrée.

De provoquer sa joie au choc des calembours.

Ou d'arracher des pleurs au peuple des faubourgs.

Allons, poursuis, mon cher; que ton mérite brille :

Nous aurons un grand homme enfin dans la famillt*!

Mon oncle, je ne sais qui peut vous engager A me railler sans cesse, à nie décourager.

DUBUISSOR.

En effet, votre humeur ne saurait se comprendre. Voyons donc ce qu'en lui vous trouvez à reprendre.

OORMKIJIL.

Vous me le demandez! vous qui lui permettez D'employer sa jeunesse à des futilités?

Eh quoi ! vous admirez son ignorance extrême ! Lorsque, tranchant sur tout et content de lui-même. D'un tas de beaux esprits pratiquant les levons, 11 néglige son droit pour rimer des chansons Vous vous extasiez! vous criez au prodige! En critique, bien plus, vous souffrez qu'il s'érige; Qu'il s'arroge le droit d'endoctriner autrui!... Voilà ce que partout on rencontre aujourd'hui! Dt^ ces petits messieurs l'espèce ici pullule; Imberbes professeurs, ils tiennent la férule; Et naguère on a vu Ducis en cheveux blancs Essuyer les brocards d'un censeur de vingt ans.

DUBTJISSON.

Bah! vous déraisonnez.

SAINT-CLAIR

Vous êtes bien sévère.

DORMEUIL

Va , je m'en prends à toi beaucoup moins qu'à ton père :

Son fol aveuglement te perdra sans retour.

C'est lui qui, te livrant à son monsieur Valcour....

DUBUISSON

Allons, nous y voilà! votre haine constante....

DORMEUIL

Mais....

DDBUISSON.

Eh bien! moi, je veux que mon fils le fréquente. Le voie à chaque instant , se modèle sur lui , Le prenne pour conseil, pour guide et pour appui. Je l'ordonne.

DORMEUIL

Saint-Clair, j'ose ici te prédire Que Valcour....

SAINT-CLAIR

Je me tais, mon oncle, et me retire.

Dans vos préventions je vous vois affermi; Et je ne puis entendre insulter mon ami.

(II sort.)

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