ACTE II, SCÈNE
Ceftt fort bien , et par moi ton ouvrage appuyé... Le vin est-il venu, Marcel?
MARCEL
Oui , port paye.
VAI.COIIR.
Quelle espèce?
MARCEL
Madère, et cinquante bouteilles.
VAI.COUH.
(Luant un autre btUet )
C'est honnête. Passons.... Hem !... « Vous êles un sot ; « Si de moi désormais vous osez dire un mot, « Je vous couperai les oreilles. »
MARCEL
L'autre billet , monsieur, était plus de mon goût.
VALCOUR
Style d'auteur tombé; va, ce n'est rien du tout. Ma critique un peu vive a rouvert ses blessures.
(Parcourant sa cormpondancr.)
Desplaiulcs....dcs dîners.... des loges.... des injures.... Je verrai tout cela.
( Il met le« papier* dant «a pocbe.) MARCEL.
C'est le plus court.
VALCOUR
Enfin, Mon article spectacle?
Il paraîtra demain.
,,l...ri>-
VALCOtTR.
Bon.
MARCEL
Il est fort piquant; mais, si j'ose le dire, Assez mal à propos vous maltraitez Elmire.
VALCOUR
Gomment donc?
MA KCEL.
Je conviens qu'elle a quelques défauts; Mais elle n'eut jamais celui de chanter faux : Et vous l'en accusez ! l'injustice est trop forte.
VALCOUR
Bah! bah!
MARCEL
Vous vous nuisez en jugeant de la sorte,
VALCOUR
Non ; d'un public malin je flatte le penchant : Qu'importe d'être juste alors qu'on est méchant?
Depuis un mois, toujours vous critiquez Elmire : Vous la désespérez.
VALCOUR
C'est ce que je désire.
MARCEL
Monsieur !
VALCOUR
L'éloge après lui semblera plus doux, Je sais ce que je fais.