ACTE n, SCÊNK I ft
Votre journal serait tomb^ tant lui ; Il vous a prodigue des secours, de Tappui ; Naguère vous vantiez ses talents, sa justice; Maintenant....
VALCOUR
Quoi , Marcel , es-tu donc si novice ?
Ma foi , je te croyais plus d'esprit que cela.
MARCEL
Que trouvez-vous de sot à ce que je dis là ?
VAI.COUR
Hé d*oii diable sors-tu ? Ma conduite est fort sage : CVst le train d'à présent, la coutume, Tusage. D'ailleurs, en nous servant , soyons de bonne foi , On ne fait rien pour nous, on n'agit que pour soi : Tout est calcul. Ainsi de faveur, do louange Entre nous et les grands il se fait un écbange ; £t tu conçois alors qu'un bienfaiteur n*est rien , S'il n'est plus en état de nous faire du bien. Valbonne me servit , il me tira de peine , J'en conviens; mais veux-tu que, nouveau la Fontaine, J'aille en une élégie exprimer mes regrets , Célébrer ses vertus et chanter ses bienfaits? Non, sa chute, Marcel, me dégage et m'acquitte; Perdant le portefeuille , il perd tout son mérite ; J'ai dû l'abandonner puisqu'il est sans pouvoir , Et vers son successeur détourner l'encensoir.
MARCEL
Ah ! vous avez raison. Fi d'un homme inutile! Pour moi....
VALCOIJR.
Mais revenons. As-tu vu Roberville ?
MARCEL
Je l'ai trouvé, monsieur, enchanté du pamphlet.
VALCOUR
Vraiment ?
MARCEL
Il en attend un triomphe complet.
Vous avez su, dit-il, si bien noircir la vie Du fâcheux concurrent objet de son envie , Que des droits de Solange il n'est plus alarmé , Et le compte déjà pour un homme abîmé. Eh! mais.... il vous écrit.... j'oubliais cette lettre.
VALCOU H , vivement.
Comment!... il eût fallu d'abord me la remettre.
(Se radoucissant.)
Bien. L'ouvrage s'imprime ?
MARCEL
Oui, j'y viens d'aller voir.
VALCOUR
Les épreuves, sais-tu....
MARCEL
Vous les aurez ce soir ; On les enverra.
VALCOUR
Non , va les chercher toi-même :
Cet objet est pour moi d'une importance extrême. Je puis être en affaire , ou n'être pas i^i Quand on apportera....