‹ Œuvres dramatiques (volume 2)Chapitre 176 sur 363 · ACTE II, SCÈNK XI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNK XI

Mais il peut être un bien, miivant Tintention, Et même devenir une bonne aetion.

SAlIfT-ClAIR.

£xpliquez-vou!( ; cela me paraît difficile. Je Tavoue.

vAi.roim.

Écoutez. Mon ami Roberville, Par Solange y un fripon, fourbe des plus adroits. Voit disputer un poste auquel il a des droits. Je pouvais, lui prt^tant un appui secourable, Poursuivre ouvertement et perdrt» un misérable; Je le devais peul-^*tre, et ne Tai pas voulu. A des moyens plus doux je me suis résolu. De ses nombreux méfaits ma plume accusatrice A tracé, sans aigreur, une légère esquisse. QuVn peut-il résulter? Voyant qu'il est connu. Par la peur d'un éclat tout à coup retenu,- Craignant qu'aux tribunaux je donne connaissanct* Des preuves par écrit qui sont en ma puissance, Solange, prudemment, à ce premier signal , Va laisser le cbamp libre h son beureux rival. Mais je n'ai pas signé! Vous allez, je m'en flatte. Voir que ma retenue est noble et délicate. Au bas de cet écrit si j'avais mis mon nom , Solange était forcé de s'avouer fripon ; Ou, réclamant des lois Tequité protectrice, 11 fallait qu'il os«it me traduire en justice. L'un ou l'autre parti le perdait sans retour: J'ai des preuves en main plus claires que le jour. Mais, en ue signant pas, ma bonté se déploie;

Pour fuir le déshonneur je lui laisse une voie. Il peut crier partout au calomniateur, Exciter le public contre son délateur, Et renvoyer la honte à la main ennemie Qui dans Tombre sur lui déversa l'infamie. Ainsi tout est au mieux : l'un est récompensé. Et l'autre garde encor l'espoir d'être placé.

SAINT-CLAIB.

Oui , ces distinctions ont droit de me confondre : A vos raisonnements je n'ai rien à répondre; Mais je ne me sens pas tout à fait convaincu.

VALCOUR

Dans le monde, mon cher, quand vous aurez vécu, Vous saurez maîtriser ce soin qui vous occupe. Pour n'être pas fripon faut-il donc être dupe? Non; c'est en évitant et l'un et l'autre excès. Qu'on sauve son honneur et qu'on marche au succès. De ces points délicats je prétends vous instruire; Par mes conseils, par moi , laissez-vous donc conduire. Je veux, en reprenant tantôt cet entretien, Vous dire ce qu'on nomme et le mal et le bien. Et vous montrer comment , par la philosophie, Contre les préjugés l'âme se fortifie.

Je vais à mes travaux donner quelques instants; Mais dans mon cabinet ce soir je vous attends.

FIN DU DEUXIÈME ACTE

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