ACTE III, SCtoE Vil
DORMEUIL
Vous ciagërcz tout.
On peut (>our ces messieurs avoir beaucoup d*trstiini% Sans trouver, comme vous^ tout ce qu'ils font sublime; Sans prendre leurs écrits pour guide, pour fanal. Sans se pâmer de joie à laspect d'iiu journal.
i>i;Biiissoni.
V^otre ton goguenard ne convient pas, mon frère. Respectez....
DOHMKIHI..
Ia*s journaux? «piel bien leur voit-on faire? Dites.
OUBUISSO».
Quel bien ! quel bien !
VALCOIIH.
Pourquoi vous emporter?
Je ramasser le gant qu'on ose me jeter; lit, laissant à monsieur les froides railleries , J*oppose des raisons à des plaisanteries. Nîra-t-il des journaux les utiles effets? Partout leur influence atteste leurs bienfaits. Eb ! qui pourrait compter les services qu'ils rendent , Les lumières, les biens que partout ils répandent ? Vrais organes du peuple, objet de tous leurs soins , Ils expriment ses vœux, dénoncent ses besoins; Poursuivent sans pitié Timpostun^ et le crime ; Font entendre la voix du faible qu'on opprime. Des agents du pouvoir, leur sévère équité Signale Tincurie ou Pincapacité; Et, devançant pour eux le burin de Tbistnin* ,
Elle attache à leur nom l'infamie ou la gloire. Par eux chacun apprend ses devoirs et ses droits : Des abus qu'on leur cache ils instruisent les rois; Des citoyens, froissés à l'insu d'un bon maître, Us tarissent les pleurs en les faisant connaître. Voilà , monsieur, voilà ce qu'on doit aux journaux ; Voilà leur mission, leurs succès, leurs travaux; Enfin voilà leurs droits à l'estime publique.
DORMEUIL
Tenez, ne parlons pas, monsieur, de politique; Sur un pareil chapitre on s'emporte d'abord : Les gens du même avis ne sont jamais d'accord.
DUBUISSON
Mauvaise excuse ; allons , vous ne pouvez répondre. Je l'avais bien prévu qu'il saurait vous confondre.
VALCOTJR.
Il me semble en effet....
nORMEUlL.
Soit, vous m'avez vaincu:
Je suis, si vous voulez, tout à fait convaincu. Oui, monsieur, j'en conviens, les auteurs de gazettes Des vœux des nations sont les seuls interprètes : La vérité toujours est leur suprême loi ; L'accord qui règne entre eux prouve leur bonne foi ; Us n'ont tous qu'un seul but , le bien de la patrie ; Us ne sont les échos d'aucune coterie; Bien loin d'entretenir l'aigreur des factions , Us rapprochent les cœurs, calment les passions; A de vils intérêts toujours inaccessibles, Us sont impartiaux, sans fiel, incorruptibles....