SCÈNE III
HENRI, CHAON.
UEIIRI.
Craon, nous sommes seuls, et je puis vous entendre.
De votre souverain que venez-vous m apprendre?
A-t-on ezécuté l'ordre que j'ai donne ?
De la pompe des rois est-il environné?
Lui rend-on les honneurs qu'on doit au diadème?
Hélas! l'infortuné! dans son malheur extrême,
Combien il essuya d'indignes traitements!
Que de privations ont aigri ses tourments!
Mais, parlez sans détour , éprouve-t-il encore
Des maux qu'on m'ait cachés, des tourments que j'ignore?
Expliquez- vous.
CRAOK.
Non, sire; il n'a plus à sou£frir Que les horribles maux que Dieu seul peut guérir. Vous avez pris pitié de son sort déplorable; C'est vous qui lui tendez une main secourable ; Il en avait besoin !
HENRI
Je fais ce que je doi; MoQ cœur, mon intérêt m'en imposent la loi. Et , quand je n'aurais pas, comme époux de sa fille, Ma part dans le malheur qui poursuit sa famille ; Quand son destin affreux n'aurait pu m'attendrir; Il règne , c'est assez; je le dois secourir. Je dois , par mon exemple , arrêter le scandale Qui dégrade en ces lieux la majesté royale. Craon, les Souverains sont comptables entre eux. Ainsi que nos devoirs, nos périls sont nombreux : Des intérêts communs en tous temps sont les nôtres; Et la honte d'un roi rejaillit sur les autres. Qui manque à Gharles-Six m'outrage sans retour; Je veux l'apprendre au peuple, et surtout à la cour : Craon , envers son roi sa conduite est infâme.
CRAOJV.
Ah ! toujours le malheur eut des droits sur votre âme ! Moi-même en mon exil j'éprouvai vos bontés. Pourquoi faut-il....
HENRI
Eh bien ?
CRAON
Ah ! sire, permettez....
Je dois à vos vertus mes respects, mon estime.... Mais.... le Dauphin.... il est mon prince légitime.
Non; j'ai droit à ce trône où régnaient mes aïeux. Sur les Plantagenets, sur mon père après eux, Les Valois ont, sans titre , obtenu l'avantage ;